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Matadi : l’alerte monte autour d’un stock de charbon exposé à ciel ouvert au port de l’Onatra !

Mercredi, 30 septembre 2026-La présence prolongée d’un important stock de charbon entreposé à ciel ouvert dans les installations portuaires de l’Office national des transports (Onatra), au niveau du quai Vénus, continue de susciter de vives inquiétudes à Matadi, chef-lieu de la province du Kongo Central. Les populations riveraines dénoncent depuis plusieurs mois les poussières qui se dégagent de cette cargaison et redoutent leurs conséquences sur la santé et l’environnement.

Situé à proximité du débarcadère des bacs-moteurs, communément appelé « Libongo », dans le quartier Ville-Basse, ce site de stockage se trouve non loin des habitations.

Selon plusieurs habitants, les fines particules issues du charbon se dispersent régulièrement dans l’air, notamment sous l’effet du vent, exposant ainsi les riverains à une pollution dont les conséquences sanitaires restent au centre des préoccupations.

Depuis que la présence de cette cargaison a été signalée dans cette partie du port de Matadi, des organisations de défense des droits humains ainsi que des acteurs de la société civile locale ont multiplié les appels à l’intervention des autorités et des responsables concernés.

Ces alertes visaient notamment les responsables de l’Onatra et la société chargée du transport de ce charbon, afin que des mesures soient prises pour limiter la dispersion des poussières et sécuriser le site.

Mais, selon les acteurs locaux qui suivent le dossier, leurs différentes démarches n’auraient pas permis, jusqu’ici, d’apporter une réponse définitive à la situation.

Une proximité préoccupante avec les installations de la Regideso

L’inquiétude est d’autant plus grande que le stock de charbon est situé à proximité des installations de captage et de traitement d’eau de la Regideso.

Cette proximité alimente les interrogations de la population sur les risques éventuels de contamination des ressources en eau. Les acteurs de la société civile appellent ainsi à une évaluation technique de la situation afin de déterminer avec précision les risques que pourrait représenter la dispersion des poussières de charbon pour l’environnement et les installations de traitement d’eau.

Des responsables locaux de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC) estiment notamment que les poussières transportées par le vent ou les eaux de ruissellement pourraient atteindre les installations de traitement. Ils appellent, par conséquent, les autorités compétentes à prendre des mesures préventives sans attendre une éventuelle dégradation de la situation.

Face aux inquiétudes exprimées par les populations, le gouverneur du Kongo Central, Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, a dépêché, le mardi 29 septembre 2026, une délégation sur le site de stockage.

Conduite par Alain Mambu, ministre provincial en charge de l’Environnement, cette délégation comprenait notamment le conseiller politique du gouverneur, Jules Tsumbu, ainsi que plusieurs responsables provinciaux et urbains des services de sécurité et de la Coordination provinciale de l’Environnement.

La mission avait pour objectif de constater la situation sur place et d’envisager des mesures urgentes pour réduire les risques liés à l’exposition du charbon à l’air libre.

Parmi les mesures envisagées figure notamment l’aspersion d’eau sur le stock, suivie de sa couverture au moyen de bâches adaptées. Cette disposition devrait permettre, selon les autorités, de limiter la dispersion des poussières dans l’atmosphère et de réduire leur impact sur les populations riveraines.

La Regideso hausse le ton

La proximité du stock de charbon avec les installations de captage et de traitement d’eau a également provoqué une réaction de la Direction régionale de la Regideso au Kongo Central.

Son directeur régional, l’ingénieur Théodore Socrate Kabeya Ngandu, a fait part de ses préoccupations concernant la présence prolongée de cette cargaison à proximité des installations de l’entreprise.

La Regideso estime nécessaire que toutes les précautions soient prises afin de protéger ses infrastructures et, surtout, de préserver la qualité de l’eau destinée à la consommation de la population de Matadi.

Cette réaction est saluée par plusieurs acteurs de la société civile locale, qui considèrent que la question dépasse désormais le seul cadre du port pour devenir un enjeu environnemental et sanitaire concernant une partie importante de la population.

Alors que les débats se poursuivent sur les risques exacts liés à cette cargaison, la population de Matadi réclame surtout des mesures concrètes et rapides.

La priorité, selon les habitants et les organisations locales, est de mettre fin à l’exposition prolongée du charbon à ciel ouvert, de sécuriser le site et de procéder à une évaluation environnementale et sanitaire permettant de déterminer les éventuels impacts sur les populations et les installations de traitement d’eau.

La balle est désormais dans le camp des autorités provinciales et des responsables concernés. La population espère que la descente effectuée sur le terrain débouchera rapidement sur des mesures permettant de réduire les nuisances et de prévenir tout risque pour la santé publique et l’environnement.

À Matadi, le dossier du charbon du quai Vénus reste donc sous haute surveillance. Les habitants attendent désormais des actes concrets pour que cette situation, dénoncée depuis plusieurs mois, trouve enfin une issue durable.

Dieudonné MUAKA DIMBI 

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