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Exclusif : Constant Mutamba va rentrer chez lui en homme libre !

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Kinshasa, vendredi 6 juin 2025 — Nouveau rebondissement dans l’affaire qui secoue depuis plusieurs semaines le ministère de la Justice. Le ministre d’État en charge de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, va regagner son domicile en homme libre, à l’issue de sa deuxième audition ce vendredi devant le magistrat instructeur près la Cour de cassation.

D’après des sources proches du Parquet général, aucun mandat de dépôt n’a été émis à l’encontre du ministre, bien que les accusations portées contre lui demeurent sérieuses. Le Procureur général près la Cour de cassation devrait désormais prendre connaissance du rapport rédigé par le magistrat instructeur avant de décider des prochaines étapes. Il pourrait, si les éléments à charge sont jugés suffisants, solliciter de nouveau l’autorisation de l’Assemblée nationale en vue d’engager des poursuites judiciaires contre le membre du gouvernement.

Des faits lourds

Constant Mutamba est soupçonné de détournement de fonds publics à hauteur de 19 millions de dollars américains, une somme qui aurait été allouée au projet de construction d’un centre pénitentiaire de haute sécurité à Kisangani, dans la province de la Tshopo. Ce projet, annoncé comme stratégique pour désengorger les prisons du pays et améliorer les conditions de détention, est aujourd’hui au cœur d’un vaste scandale.

Des experts judiciaires évoquent des irrégularités dans la gestion des fonds, notamment des surfacturations, des contrats non exécutés, et un chantier toujours au point mort malgré les décaissements déjà effectués. Une commission d’enquête parlementaire, déjà à pied d’œuvre, aurait relevé plusieurs incohérences dans les documents de passation de marchés publics liés à ce projet.

Une affaire à haute tension politique

Cette affaire survient dans un contexte politique tendu, à quelques mois des prochaines échéances électorales. Membre influent de l’équipe gouvernementale et chef de file d’un regroupement politique allié au pouvoir, Constant Mutamba bénéficie d’une forte exposition médiatique et conserve de nombreux soutiens, notamment parmi les jeunes cadres de son parti.

Dès l’annonce de sa seconde audition, plusieurs militants se sont rassemblés devant le bâtiment du Parquet pour lui témoigner leur solidarité, brandissant des pancartes dénonçant ce qu’ils qualifient de « cabale politique ». En coulisses, des voix au sein de la majorité présidentielle redoutent un affaiblissement de la cohésion gouvernementale, si l’affaire venait à prendre une tournure judiciaire plus grave.

La suite dépendra du Parlement

Si une nouvelle saisine du Parlement est envisagée, elle devra cette fois concerner l’autorisation des poursuites, une étape indispensable en vertu de l’immunité parlementaire et ministérielle dont bénéficie le ministre. En avril dernier, l’Assemblée nationale avait déjà été sollicitée pour permettre l’ouverture de l’enquête, dans le strict respect des procédures constitutionnelles.

Pour l’heure, Constant Mutamba n’est pas inculpé, et reste présumé innocent. La justice poursuit son travail, pendant que l’opinion publique suit cette affaire avec une attention croissante, tant les implications judiciaires, politiques et morales sont potentiellement lourdes.

Affaire à suivre.

ITK

 

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