
Jeudi, 10 juillet 2025-Alors que les armées congolaise et ougandaise ont lancé, il y a quelques jours, des opérations de traque contre les ADF dans le territoire de Mambasa, les villages voisins situés dans le territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri, ont été la cible d’attaques de ces terroristes entre mardi et mercredi 9 juillet 2025.
Selon la société civile Nouvel Espoir, les assaillants ont d’abord ciblé le village de Katerrain, situé non loin de Beu-Manyama, à la limite avec le territoire de Beni, durant la nuit de mardi. Sur place, ils ont tué au moins sept personnes et blessé plusieurs autres, sans compter les disparus. Sous couvert d’anonymat, un rescapé, qui a pu s’échapper par miracle, témoigne d’une nuit d’horreur et d’angoisse.
“Ils nous ont surpris endormis. Ils m’ont dit de ne pas avoir peur. C’était vers 2 heures du matin. Ils ont d’abord cherché nos téléphones Android puis ils nous ont ligotés. Je me suis dit : nous sommes morts. Nous étions trois et nous avons été frappés par des coups de manchette sur nos cous. Moi, j’ai été blessé et je me suis sauvé par miracle. Les corps sans vie sont là, les assaillants coupaient les têtes”, a-t-il relaté.
Les rebelles, poursuivis par les forces congolaises et ougandaises après leur première attaque, ne se sont pas arrêtés là. Mercredi 9 juillet, ils ont exécuté d’autres civils dans les villages situés entre Mbeu-Manyama (territoire de Beni) et la rivière Samboko (Ituri). Ramazani Maliyabwana, coordonnateur de la société Nouvel Espoir du secteur de Beni-Mbau, évoque des dizaines de civils tués.
“Ils ont tué 10 personnes à Masiya, tout près de la rivière Mabanzinzi, 5 personnes à Matoko, 10 personnes à Bayeyi, 6 personnes à Karezo et plus de 20 personnes prises en otage, sans compter les dégâts matériels”, a-t-il décompté, parlant d’un bilan provisoire, car, selon lui, les fouilles se poursuivent et le bilan risque de s’alourdir.
Plusieurs corps gisent encore sur le sol, selon le président de la société civile de Mamove, village situé à quelques kilomètres des lieux du drame. Certains corps déjà récupérés arrivent progressivement en commune d’Oicha, chef-lieu du territoire de Beni. Ce jeudi 10 juillet, au moins dix de ces corps ont été déposés dans la soirée dans la salle des morts de l’hôpital général de référence d’Oicha. La plupart des victimes sont originaires de cette entité.
Il convient de noter que cela faisait des jours, voire des mois, qu’aucune attaque des ADF n’avait été signalée dans les villages ruraux à l’ouest de la commune d’Oicha. Cependant, ces nouvelles attaques viennent rompre cette trêve. L’armée, de son côté, n’a pas encore communiqué.
Samuel Kitha Mwerivwa K.



