
Mardi, 22 octobre 2025 – La Ligue Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (LIGADHOP) tire la sonnette d’alarme face à ce qu’elle qualifie de « mafia judiciaire à ciel ouvert » dans le dossier opposant les associés de la société aérienne congolaise MWANT JET SARL.
Dans une circulaire rendue publique à Brazzaville, l’organisation dénonce l’immobilisation jugée arbitraire d’un aéronef appartenant à ladite compagnie, immobilisation décidée par le Parquet Général de Kinshasa/Matete depuis le 15 septembre 2025.
Selon la LIGADHOP, « cette décision fait suite à une dénonciation introduite par Madame Gueda YAV, associée de la société, qui aurait signalé la mise en circulation de l’aéronef alors qu’il serait sous saisie judiciaire ».
Cependant, l’organisation rappelle que ce dossier – enregistré sous le numéro RI 2659 – a été classé sans suite depuis juillet 2020, le parquet ayant établi qu’il ne concernait pas la société MWANT JET SARL.
Elle ajoute que la Cour d’appel de Kinshasa/Matete, dans son arrêt RMUA 203, avait également confirmé que l’aéronef ne relevait pas du régime de saisie, ce qui rend la décision d’immobilisation juridiquement infondée.
Des accusations graves contre des hauts magistrats
La LIGADHOP va plus loin en accusant directement Taylor Lubanga, conseiller du Chef de l’État, d’être l’un des instigateurs de cette « mafia » visant à nuire à une initiative privée.
Selon le rapport, le Cabinet de Taylor Lubanga — présenté comme étant aussi le Cabinet-conseil de Madame Gueda YAV — exercerait des pressions sur les magistrats du Parquet de Matete pour influencer la procédure.
L’organisation affirme que ces agissements se font « au nom de la haute hiérarchie », entretenant un climat d’intimidation et de trafic d’influence dans le secteur judiciaire.
Elle révèle également que le président du CSM aurait adressé plusieurs réquisitions controversées, notamment pour désigner un nouvel administrateur chargé de gérer l’aéronef de MWANT JET SARL ; contraindre le Guichet Unique de Création d’Entreprise à enregistrer un procès-verbal d’assemblée générale contestée ; et, enfin, désigner de nouveaux pilotes pour l’exploitation de l’aéronef, en violation des décisions judiciaires en vigueur.
Appel aux plus hautes autorités
Face à cette situation, la LIGADHOP adresse plusieurs recommandations.
Au Président de la République, de vérifier personnellement l’implication du président du CSM et de son conseiller Taylor Lubanga dans ce dossier, afin de mettre fin aux manœuvres qui ternissent l’image de la justice congolaise.
Au Procureur Général près la Cour de cassation, de prendre des mesures urgentes contre les magistrats et procureurs impliqués.
À la société MWANT JET SARL, de ne pas céder à la pression, mais d’user de toutes les voies légales, y compris le dépôt d’une plainte pénale contre les auteurs de ce qu’elle qualifie de « mafia judiciaire ».
Un cri d’alarme pour l’État de droit
La Ligue africaine des droits de l’homme déplore que des réseaux de corruption continuent d’étouffer l’initiative privée en RDC et de compromettre l’État de droit.
« Il n’est pas normal que le nom du Président de la République soit associé à des mafias visant à tuer l’entrepreneuriat privé », conclut le document signé par Albert Mapoko, Directeur de Division des Doléances pour l’Afrique centrale.
Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration !
LIGUE AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES (LIGADHOP)
CIRCULAIRE N°033/LIGADHOP/DIVD/2025 RELATIVE AUX DOLEANCES EN MATIERE DE VIOLATION DES DROITS DE L’HOMME
La Ligue Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, LIGADHOP en sigle, est de nouveau saisie au sujet du dossier judiciaire qui oppose entre eux les associés de la compagnie aérienne congolaise de la RDC MWANT JET SARL, dont l’aéronef, à peine remis en service, a été immobilisé arbitrairement par le Parquet Général de Kinshasa/Matete depuis le 15 septembre 2025.
Pour rappel, cette immobilisation a été décidée à la suite d’une dénonciation faite par Madame Gueda YAV, l’une des associés de la Société, qui aurait dénoncé la mise en circulation dudit aéronef alors qu’il était saisi et qu’en outre, du fait de la démission de l’Administrateur Provisoire de la Société, l’aéronef ne devrait pas être exploité.
Cette immobilisation, à la lumière des éléments documentés par une association sœur de la République Démocratique du Congo, ne se justifie ni dans la forme ni dans le fond.
D’abord, que le numéro du dossier RI soit 2659 repris dans la réquisition est un dossier classé sans suite depuis le mois de juillet 2020 et concernait des parties n’ayant aucun lien avec la Société MWANT JET SARL.
Ensuite, à la lumière de l’arrêt RMUA 203 rendu par la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete, ledit aéronef n’est pas sous le régime d’un saisi. Voilà qui avait justifié le classement sans suite du dossier RMP 18620 par le même Parquet pour faits non établis, dossier ouvert pour détournement d’objets saisis.
La démission de l’administrateur provisoire n’a juridiquement aucun impact sur l’exploitation de l’aéronef.
Enfin, le Parquet a décidé de l’immobilisation de l’aéronef sans entendre ni la société ni Michael YAV, l’autre associé de la Société, connu pour ses efforts visant à relancer la Société.
Il ressort des conclusions de l’association sœur opérant à Kinshasa que le président du Conseil Supérieur de la Magistrature et l’un des Conseillers du Président de la République, Monsieur Taylor LUBANGA (dont le Cabinet est le Cabinet Conseil de Madame Gueda YAV) sont des instigateurs de cette mafia à ciel ouvert qui disent exécuter les ordres du Président de la République.
D’ailleurs, plusieurs chefs de juridiction en RDC se plaignent des pratiques des deux autorités qui se livrent constamment aux actes d’intimidation et de trafics d’influence pour tordre la justice, prétextant agir au nom de la haute hiérarchie. Ceci explique le silence de toutes les hautes autorités judiciaires auprès desquelles cette mafia a été dénoncée.
Les informations reçues par l’association sœur de sources proches du Parquet Général révèlent que le Cabinet de Taylor LUBANGA fait entendre une pression constante sur le Parquet pour obtenir certaines ordonnances et réquisitions.
Le président du CSM a donné l’ordre au Parquet Général de Matete de prendre, dès lundi 20 octobre courant, une réquisition pour désigner un administrateur qui assurera la gestion de l’aéronef de la Société MWANT JET SARL.
Le même président a ensuite ordonné au même Parquet de prendre une deuxième réquisition pour contraindre le DG du Guichet Unique de Création d’Entreprise et le Chef d’antenne de Kinshasa/Matete d’enregistrer le procès-verbal de l’Assemblée Générale de la Société MWANT JET SARL en dépit des contestations en justice.
Il a ordonné une troisième réquisition aux fins de désigner les pilotes qui vont désormais piloter ledit aéronef.
Il a été demandé au Cabinet de Taylor LUBANGA, dès la semaine prochaine, de monter un dossier judiciaire contre Monsieur Henri YAV MULANG, père biologique de Michael YAV, l’accusant de travailler avec les M23, alors que la page X (ex-Twitter) de Madame Gueda YAV protagoniste dans ce conflit, trouve que la concernée fait l’apologie du fameux groupe M23, dont elle qualifie par ailleurs Sir NZIRAMAKENGA RUZANDIZA Emmanuel alias SULTANI MAKENGA, Général autoproclamé de ce groupe terroriste, d’un brave militaire qui a mis en déroute les Forces Armées de la RDC.
L’opinion s’interroge : est-ce par ignorance ou de manière délibérée que certaines autorités judiciaires prêtent main forte à cette femme, alors qu’elle fait l’apologie d’un groupe armé terroriste qui a attaqué le Congo ?
C’est pourquoi la Ligue Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (LIGADHOP) recommande :
- À Son Excellence Monsieur le Président de la République, de faire vérifier par ses services l’implication du Président du CSM et de son Conseiller Taylor LUBANGA dans le dossier qui oppose les associés de la société MWANT JET SARL. Il n’est pas normal que son nom soit associé à des mafias visant à tuer une initiative privée alors qu’il se bat tous les jours pour promouvoir l’entrepreneuriat privé en République Démocratique du Congo ;
- Au Procureur Général près la Cour de Cassation, de sortir de sa léthargie face à cette mafia qui a élu domicile au Parquet Général de Kinshasa/Matete et d’interpeller son Procureur Général et le Magistrat Instructeur, au besoin de procéder à leur suspension ;
- À la compagnie MWANT JET SARL, de ne pas se laisser marcher dessus mais d’user de toutes les voies de droit, y compris d’une plainte au pénal contre les auteurs de cette mafia.
Fait à Brazzaville, le 18 octobre 2025
Pour : ligadhop@gmail.com
Albert MAPOKO
Directeur de Division des Doléances / Afrique Centrale






