
Mercredi, 7 janvier 2026-La reprise des cours après les vacances de Noël et du Nouvel An s’est déroulée dans une atmosphère de vive inquiétude à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba. Ce lundi matin, plusieurs établissements scolaires, notamment dans les quartiers de Musompo et de la cité Manika, ont décidé de renvoyer les élèves, principalement du cycle primaire, par mesure de précaution face au climat d’insécurité persistant.
Selon des informations recueillies sur le terrain, cette décision préventive intervient dans un contexte marqué par des tensions sociales liées à la crise des creuseurs artisanaux, qui secoue la ville depuis plusieurs jours.
Bien qu’aucun incident majeur n’ait été signalé aux abords immédiats des écoles concernées, les responsables scolaires ont préféré éviter tout risque pour la sécurité des enfants.
Un directeur d’une école privée, ayant requis l’anonymat, a indiqué que cette mesure visait avant tout à protéger les élèves. Il a souligné que les enfants venaient à peine de reprendre le chemin de l’école et que, face à l’incertitude ambiante, la prudence s’imposait, ajoutant que les parents semblaient comprendre cette décision, malgré l’absence de communication officielle des autorités.
Parallèlement, la situation sécuritaire affecte également la mobilité urbaine. Le transport routier fonctionne au ralenti, particulièrement dans certaines zones jugées sensibles, telles que Kasulo Zone, Manika et Musompo village. Les taxis et bus se font rares, ce qui perturbe les activités quotidiennes.
Au marché de la cité Manika, des commerçants témoignent d’une baisse notable de fréquentation. Une vendeuse rencontrée sur place confie que l’ambiance habituelle a laissé place à la peur, précisant que les clients se font rares et que la circulation des taxis est fortement réduite.
Dans ce contexte, la joie habituellement associée à la rentrée scolaire semble avoir cédé la place à la peur, à la prudence et à l’incertitude. De nombreux parents expriment leur inquiétude quant à la sécurité de leurs enfants et redoutent que la situation ne dégénère en une véritable crise éducative si aucune mesure urgente n’est prise.
Face à cette situation, la population attend une réaction rapide et ferme des autorités provinciales. Plusieurs voix appellent le gouvernement du Lualaba à agir pour apaiser les tensions, restaurer la sécurité et mettre un terme aux actes de vandalisme et d’incivisme.
Le slogan officiel « Le peuple d’abord » est ainsi interpellé, dans un contexte où certains citoyens estiment que le discours démocratique peine à se traduire en actions concrètes.
Ces derniers jours, Kolwezi est traversée par un climat anxiogène qui affecte non seulement les parents et les élèves, mais aussi les acteurs économiques, les travailleurs, notamment ceux du secteur minier, et l’ensemble de la population.
Une stabilisation rapide de la situation apparaît indispensable pour préserver la paix sociale et garantir le bon fonctionnement des activités éducatives et économiques dans la province du Lualaba.
Samuel MULENDA



