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Expo Béton 2026 : Prince Amuri Awazi alerte sur la montée des eaux du lac Tanganyika, « Kalemie doit agir avant qu’il ne soit trop tard » ! 

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Mardi, 9 juin 2026-À l’occasion d’Expo Béton RDC 2026, organisée à Kalemie autour de la valorisation du potentiel de la République démocratique du Congo, le CT Ir. Prince Amuri Awazi, expert en aménagement des zones côtières et doctorant à l’ISTA-Lubumbashi, a présenté une communication consacrée à l’un des défis environnementaux les plus préoccupants de la province du Tanganyika : la montée des eaux du lac Tanganyika et ses conséquences sur la ville de Kalemie.

À travers une approche scientifique, technique et stratégique, il met en évidence les facteurs à l’origine de ce phénomène, ses impacts sur les populations et les infrastructures, ainsi que les pistes de solutions susceptibles de renforcer la résilience de cette ville portuaire, considérée comme un carrefour économique majeur en Afrique centrale.

Chef-lieu de la province du Tanganyika, Kalemie occupe une position géographique privilégiée sur la rive occidentale du lac Tanganyika. Centre commercial, portuaire, agricole et halieutique, elle constitue également un point de connexion entre plusieurs corridors régionaux reliant l’Afrique australe, orientale et centrale.

Mais cette situation avantageuse s’accompagne d’une vulnérabilité grandissante. Les épisodes de débordement du lac se multiplient, exposant les quartiers riverains à des inondations répétées qui mettent en péril les habitations, les infrastructures publiques et les activités économiques.

Selon Prince Amuri Awazi, cette évolution traduit non seulement les effets des changements climatiques, mais aussi les limites des politiques d’aménagement urbain et de gestion des ressources naturelles.

Une combinaison de facteurs naturels et humains

L’étude présentée identifie plusieurs causes interdépendantes expliquant la hausse du niveau des eaux du lac Tanganyika.

En premier lieu, les changements climatiques entraînent des précipitations plus abondantes et plus persistantes sur l’ensemble du bassin versant, augmentant considérablement les volumes d’eau qui alimentent le lac.

À cela s’ajoute la déforestation, qui réduit la capacité des sols à retenir les eaux de pluie et favorise une forte érosion. Les sédiments transportés vers le lac contribuent progressivement à son ensablement, modifiant son équilibre hydrologique.

L’exposé souligne également l’obstruction de la rivière Lukuga, unique exutoire naturel du lac Tanganyika. L’accumulation de sable, de débris et de déchets ralentit l’écoulement des eaux et accentue les risques de débordement.

Enfin, l’urbanisation anarchique, marquée par la construction dans des zones inondables et le non-respect des règles d’aménagement, ainsi que la pollution plastique qui obstrue les systèmes d’évacuation, aggravent encore davantage la situation.

Avec une longueur d’environ 677 kilomètres, une largeur pouvant atteindre 72 kilomètres et une profondeur maximale avoisinant 1 470 mètres, le lac Tanganyika figure parmi les plus grands et les plus profonds lacs du monde.

Il reçoit les eaux de plusieurs affluents majeurs, notamment les rivières Malagarasi, Ruzizi et Kalambo, avant de se déverser par la Lukuga. Son équilibre dépend donc directement du bilan entre les précipitations, les apports fluviaux, l’évaporation et le débit de sortie de cette rivière.

Toute perturbation de ce système hydrologique peut entraîner une élévation durable du niveau du lac, avec des conséquences importantes pour les populations riveraines.

Des impacts environnementaux et humains considérables

Les débordements successifs du lac provoquent une dégradation accélérée des berges, une érosion importante des sols et une perturbation des écosystèmes littoraux.

Sur le plan socio-économique, les dégâts sont tout aussi préoccupants. De nombreuses habitations sont endommagées ou détruites, des routes deviennent impraticables et plusieurs infrastructures hydrauliques cessent de fonctionner correctement.

Les activités commerciales et portuaires, essentielles à l’économie de Kalemie, subissent régulièrement des interruptions, entraînant des pertes financières pour les opérateurs économiques et les ménages.

Le secteur de l’éducation est également affecté. La destruction de nombreuses écoles et les déplacements de populations perturbent durablement la scolarisation des enfants, tandis que plusieurs familles sont contraintes d’abandonner leurs quartiers pour chercher refuge dans des zones plus sûres.

Pour Prince Amuri Awazi, la réponse à cette crise passe d’abord par un renforcement des infrastructures de protection.

Il recommande la construction de digues le long des secteurs les plus vulnérables, la réhabilitation et l’extension des réseaux de drainage urbain afin de faciliter l’évacuation des eaux pluviales, ainsi que la création de bassins de rétention capables de réguler les ruissellements lors des fortes pluies.

Ces investissements devraient permettre de réduire considérablement les risques d’inondation dans les quartiers les plus exposés.

Miser également sur la prévention et la planification

L’expert insiste toutefois sur le fait que les ouvrages physiques ne suffisent pas à eux seuls.

Une politique de planification urbaine rigoureuse doit empêcher l’occupation des zones identifiées comme inondables. De même, la mise en place de systèmes d’alerte précoce, reposant sur des stations de mesure du niveau des eaux et des protocoles de communication efficaces, offrirait aux populations un temps précieux pour anticiper les catastrophes.

Il préconise également des programmes permanents de sensibilisation communautaire et de reforestation afin de stabiliser les sols, réduire l’érosion et améliorer durablement la résilience environnementale de la région.

Parce que le lac Tanganyika est partagé entre plusieurs États africains, sa gestion ne peut relever d’une seule autorité nationale. Prince Amuri Awazi souligne la nécessité d’une coopération renforcée entre les pays riverains afin d’harmoniser les politiques de gestion des ressources en eau, de préserver les écosystèmes et de coordonner les stratégies de prévention des inondations.

Cette approche transfrontalière apparaît comme une condition essentielle pour protéger durablement les populations vivant autour du bassin du Tanganyika.

Anticiper aujourd’hui pour protéger demain

Le message porté lors d’Expo Béton RDC 2026 est sans équivoque : la montée des eaux du lac Tanganyika constitue un enjeu majeur de sécurité environnementale et de développement pour Kalemie. Sans une action concertée des autorités publiques, des partenaires techniques, de la société civile et des communautés locales, les conséquences humaines et économiques risquent de s’aggraver au fil des années.

À travers cette intervention, Prince Amuri Awazi appelle à une mobilisation collective afin que Kalemie transforme cette menace en opportunité de repenser son urbanisme, de renforcer ses infrastructures et de bâtir une résilience durable face aux défis climatiques du XXIᵉ siècle.

 

ITK

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