Mercredi, 19 août 2026 — La riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola et les préparatifs d’une rentrée scolaire sécurisée dans les provinces affectées ont été au cœur d’un briefing de presse organisé ce mardi 18 août. La rencontre a été coanimée par le ministre de la Santé, Roger Samuel Kamba, la ministre d’État chargée de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, ainsi que le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
Présentant la situation épidémiologique, le ministre de la Santé, Roger Samuel Kamba, a indiqué que la riposte contre Ebola se poursuit désormais dans six provinces : le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Tshopo.
La zone de santé de Buta, dans le Bas-Uélé, a récemment rejoint les zones affectées, portant à 54 le nombre de zones de santé touchées. Selon le ministre, l’Ituri demeure l’épicentre principal de l’épidémie.
À ce jour, 4 665 cas confirmés ont été recensés. Le bilan présenté fait état de 634 patients actuellement en isolement ou hospitalisés, de 965 personnes guéries depuis le début de l’épidémie et de 2 184 décès. Le taux de létalité s’établit à 46,8 %, tandis que le taux de suivi des contacts atteint 84,2 %.
La surveillance épidémiologique reste active. 1 531 alertes ont été enregistrées, dont 1 388 vérifiées. Les opérations de prévention se poursuivent autour des foyers de transmission, notamment à travers l’ouverture de rings de riposte et la décontamination des sites exposés.
Le ministre a également annoncé 47 nouvelles guérisons, dont 42 en Ituri et 5 au Nord-Kivu.
« Kinshasa n’a pas d’Ebola »
Interrogé sur la situation à Kinshasa et sur les rumeurs faisant état de cas d’Ebola à bord d’un bateau, Roger Samuel Kamba a voulu rassurer la population de la capitale. « Une fois de plus, Kinshasa n’a pas d’Ebola. »
Le ministre a expliqué que des équipes avaient été déployées sur le fleuve, à environ 60 kilomètres de Kinshasa, afin de vérifier les informations rapportées concernant un bateau suspect. Après une période d’observation de 21 jours, aucun cas n’a été détecté.
Il a précisé que des équipes de surveillance ont été mobilisées afin de vérifier la situation avant toute éventuelle entrée dans la capitale.
À deux semaines de la rentrée scolaire, la ministre d’État chargée de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a présenté les mesures envisagées pour assurer la continuité de l’enseignement dans les zones fortement exposées.
Le gouvernement prévoit notamment de recourir à l’enseignement à distance, en s’appuyant sur les radios, afin de limiter les risques de transmission du virus tout en permettant aux élèves de poursuivre leur apprentissage.
Selon la ministre, 2 890 écoles réparties dans 18 sous-divisions à haut risque sont concernées par ce dispositif.
Dans ces établissements, les élèves devront rester à domicile et suivre les cours à distance. Ils pourront ensuite retourner à l’école, notamment toutes les deux semaines, afin de récupérer les cahiers, les supports pédagogiques et les nouvelles instructions nécessaires à la poursuite de leur apprentissage.
« Nous sommes dans deux semaines de la rentrée. Nous mettons en place un système d’enseignement à distance dans les zones à haut risque, avec les radios. Grâce à ce dispositif que le gouvernement a mis en marche, le risque sera minimisé et nous allons réussir avec ça », a expliqué Raïssa Malu.
Patrick Muyaya appelle à la vigilance
De son côté, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a insisté sur la responsabilité collective dans la lutte contre Ebola.
Il a appelé la population à signaler rapidement tout cas suspect aux services de santé afin de permettre une intervention rapide des équipes de riposte et d’éviter la propagation de la maladie.
À l’approche de la rentrée scolaire, le gouvernement entend ainsi renforcer à la fois la surveillance épidémiologique, la sensibilisation de la population et les mécanismes de continuité de l’éducation dans les zones les plus exposées.
Héritier Albert YEMBA


