Jeudi, 27 août 2026-Le ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombo, a présenté le bilan des actions menées au cours de la première année du Gouvernement Suminwa II. Invité à l’exercice de redevabilité aux côtés de la ministre de la Jeunesse, il a détaillé les réformes et initiatives engagées pour renforcer les compétences de la main-d’œuvre congolaise et favoriser l’insertion professionnelle des jeunes.
Longtemps placé sous la tutelle du ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), le ministère de la Formation professionnelle est autonome depuis près d’une décennie. Pour Marc Ekila, sa mission est désormais clairement définie : professionnaliser les métiers et contribuer à la constitution d’un capital humain capable de répondre aux besoins économiques du pays.
Le ministre considère la qualification de la main-d’œuvre comme l’un des principaux défis auxquels la République démocratique du Congo doit faire face. Il estime que le déficit de compétences explique en partie les critiques récurrentes des employeurs sur la qualité de la main-d’œuvre nationale et l’inadéquation entre les formations reçues et les besoins du marché de l’emploi.
Pour répondre à cette problématique, son ministère s’est doté, pour la première fois, d’une Politique nationale de formation professionnelle couvrant une période de dix ans. Ce document constitue, selon lui, une feuille de route permettant de structurer durablement le secteur et d’adapter les formations aux réalités économiques du pays.
« 145 territoires de la formation professionnelle »
Parmi les principales innovations figure le document baptisé « 145 territoires de la formation professionnelle ». Il recense les métiers et les compétences à développer dans chacun des 145 territoires de la RDC, avec l’objectif de rapprocher la formation des besoins locaux.
L’ambition est également de permettre aux jeunes de trouver des opportunités dans leurs milieux d’origine plutôt que de devoir systématiquement migrer vers les grands centres urbains.
Cette stratégie s’accompagne d’un programme de construction de centres publics de formation professionnelle à travers le pays. Le ministre souligne que, même si les établissements privés constituent des partenaires importants, l’État doit également disposer de ses propres infrastructures afin de garantir une offre de formation accessible et adaptée aux besoins des territoires.
La faible présence de la main-d’œuvre congolaise qualifiée dans le secteur minier demeure, selon Marc Ekila, un défi majeur. Il relève notamment la présence de travailleurs venus d’Afrique du Sud, du Zimbabwe ou encore d’Éthiopie dans plusieurs métiers spécialisés.
Pour y remédier, le ministère travaille avec différents partenaires. Le ministre a notamment cité la collaboration avec HP et la commune de Dilala, dans la province du Lualaba, qui a permis l’inauguration du premier centre public moderne de l’État dans ce cadre.
Par ailleurs, plusieurs centres de formation appartenant à des entreprises minières ont été rattachés au dispositif d’agrément et de suivi du ministère. Cette démarche doit permettre à l’administration de mieux contrôler les formations dispensées et de disposer de données sur les compétences développées dans ces établissements.
Plus de 7.000 dépendants de militaires et policiers formés
Une attention particulière a également été accordée aux familles des militaires et des policiers. Selon le ministre, plus de 7 000 dépendants de ces deux catégories ont bénéficié de formations professionnelles.
Cette initiative vise notamment à soutenir les familles des agents engagés dans la défense de l’intégrité territoriale du pays, conformément aux orientations du chef de l’État.
Le ministère affirme également avoir renforcé son action en faveur de l’entrepreneuriat des jeunes. Outre la formation, l’accent a été mis sur l’accompagnement après la formation.
Dans cette dynamique, environ 800 jeunes ont déjà été accompagnés dans le cadre du dispositif provisoire lié au futur centre de Mombele. Pour Marc Ekila, cette expérience marque l’émergence d’un nouveau modèle de formation combinant apprentissage, insertion et accompagnement entrepreneurial.
Faire reconnaître les compétences acquises sur le terrain
La certification des compétences constitue un autre axe important de la politique du ministère. Marc Ekila estime que la RDC ne souffre pas nécessairement d’une absence de compétences, mais plutôt d’un déficit de reconnaissance et de certification de celles-ci.
Pour répondre à cette situation, le ministère a mis en place le mécanisme de valorisation des acquis de l’expérience (VAE). Celui-ci permet à des personnes ayant appris un métier sur le terrain, sans suivre nécessairement une formation classique, de faire reconnaître officiellement leurs compétences.
Des jurys ont ainsi été constitués avec la participation des organisations d’employeurs, notamment la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et l’Association nationale des entreprises du portefeuille (ANEP). Selon le ministre, plus de 22 000 personnes se sont déjà inscrites dans ce processus.
Des académies pour les métiers d’avenir
Le ministère entend également diversifier les niveaux et les domaines de formation à travers la création d’académies et d’écoles technologiques. Ces structures doivent notamment prendre en charge des secteurs tels que le numérique, l’intelligence artificielle, l’ingénierie, l’informatique, la transition écologique et les métiers verts.
L’accès à ces académies est fixé au niveau D6, correspondant au baccalauréat.
À Matadi, une première expérience a déjà été lancée avec un partenaire du secteur portuaire. Une cohorte de plus de 40 jeunes, du niveau G3, est actuellement formée aux métiers portuaires et aux activités maritimes.
À travers ces différentes initiatives, Marc Ekila Likombo entend faire de la formation professionnelle un levier essentiel de développement économique, d’employabilité et d’insertion des jeunes. L’enjeu, selon lui, reste de doter la RDC d’une main-d’œuvre qualifiée, certifiée et capable de répondre aux besoins réels de son économie.
ITK


