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RDC-ESU : Muhindo Nzangi dévoile les 5 axes principaux de la réforme de l’enseignement au niveau universitaire !

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Vendredi, 8 octobre 2021-Dans le cadre du changement de narratif instauré par le ministre de la communication et médias, Patrick Muyaya, les membres du gouvernement dévoilent leurs actions devant la presse, notamment sur les réformes structurelles des warriors. Après le VPM en charge de la Fonction publique, c’était le tour de Moïse Muhindo Nzangi de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU).

Devant les professionnels des médias, le patron de l’Enseignement supérieur et universitaire, droit dans ses bottes, pense changer positivement l’image ternie de son secteur.

À en croire ses propos, il faut orienter l’enseignement au niveau supérieur pour qu’il participe à la transformation du pays.

« Nous formons les universitaires pour que eux participent à la transformation de notre pays. Nous avons une inadéquation de l’enseignement avec la demande du pays. 80% sont orientés vers des filières des sciences humaines et 20 % vers les filières techniques. Lorsque nous avons un pays qui, il y a 30 ans, était parmi les formateurs des universitaires en Afrique et qu’aujourd’hui nous ne sommes nulle part, il y a de quoi à se poser des questions. Nous avons donc pratiquement disparu de tous ces ranking. C’est-à-dire que nous avons un problème qu’il faut résoudre », a-t-il expliqué.

Après ces différents constats, a-t-il ajouté, « nous avons pris l’engagement de consulter les professionnels de l’Enseignement supérieur et universitaire aux états généraux que nous avons tenus à Lubumbashi ».

Rappelons qu’aux états généraux de l’ESU, au total 329 résolutions ont été prises pour redorer l’image de l’enseignement supérieur et universitaire.

Les premières résolutions concernent la loi cadre qui a été votée depuis 2014 et qui a épinglé l’ensemble des réformes qui doivent être faites.

« Des réformes notamment l’adoption du système LMD et donc cette commission a épinglé des choses qui doivent être faites et nous a demandé immédiatement de mettre en pratique des réformes. Nous avons eu une commission qui a travaillé sur le diagnostic du secteur et cette commission nous a donné des informations sur l’état des lieux de notre secteur aujourd’hui.
Il y a eu une commission qui a travaillé sur la cartographie de l’ESU, c’est-à-dire, comment nos universités sont disséminées à travers le pays et elle a constaté que nous avions beaucoup d’établissements qui n’étaient pas viables », explique Muhindo Nzangi.

Après les travaux des différentes commissions lors des états généraux, Muhindo Nzangi a axé son action sur cinq points essentiels.

Premièrement, il s’agit de l’aboutissement des réformes notamment le LMD qui sera effectif dès la prochaine année académique.

« Nous allons devoir organiser des formations des courtes durées en mettant l’accent particulier sur les écoles et métiers pour que les gens que nous formons puissent être prêts à pouvoir travailler immédiatement.
L’objectif pour nous c’est de former les jeunes sur base des référentiels des métiers pour que la formation cadre immédiatement avec le milieu du travail », a-t-il argué.

S’agissant de la viabilité des établissements de l’Enseignement supérieur et universitaire, Muhindo Nzangi pense qu’il est urgent de fermer, sans tarder, toutes les universités et instituts supérieurs qui ne répondent pas aux normes.

« Dans cette grande réforme, il y a la question de la viabilité des établissements de l’Enseignement supérieur et universitaire. On ne forme pas des universitaires dans n’importe quelle condition. C’est pour cela que lors des états généraux, il m’a été demandé immédiatement d’assainir le secteur notamment pour les filières les plus sensibles les facultés de la médecine et la pharmacie. C’est dans ce sens que nous avons procédé à la fermeture de plusieurs facultés de médecine dans différents établissements. Les dispositions sont prises pour que les étudiants ne soient pas pénalisés par cette mesure. Ils seront pris en charge par un plan que nous avons déjà élaboré et vont être reconduits dans des établissements viables », déclare le ministre.

Il a également annoncé le renforcement, dès l’année prochaine, des conditions pour le recrutement à la faculté de médecine.

La sélection va donc être rigoureuse pour entrer dans la faculté de médecine.

Le deuxième point c’est la numérisation des services, notamment les ressources financières, patrimoniales, académiques…

« Nous sommes restés le dernier pays au monde avec une gestion manuelle et archaïque même au sein des universités. Déjà à partir de la semaine prochaine, nous serons dans la phase d’exécution de la numérisation des différents services dans l’Enseignement supérieur et universitaire », a-t-il annoncé.

Le troisième point phare de Muhindo Nzangi c’est la promotion des valeurs.

« Nous devons donc commencer à mettre fin aux antivaleurs avec notamment l’interdiction de la vente des syllabus. C’est dans cette optique que nous avons demandé que tous les actes d’harcèlement sexuel ou les points sexuellement transmissibles soient combattus sous toutes les formes. J’ai été obligé de révoquer les enseignants à l’ISTM Kinshasa parce qu’ils ont été pris en train de commettre des actes qui ne sont pas dignes de nos universités », a-t-il fait savoir.

Le quatrième point, c’est relatif aux infrastructures.

Le ministre promet de travailler pour que les universités utilisent en bon père de famille l’argent dans l’effort de construction.

Le dernier point, c’est la situation des enseignants.

« Nous ne pouvons pas exiger aux enseignants des efforts si nous-mêmes, en tant que gouvernement, nous ne tenons pas compte des conditions des enseignants. Aujourd’hui, nous avons la carence des professeurs dans les facultés de polytechnique parce que ce que nous offrons comme salaire aux professeurs dans ce domaine là ne correspond même pas à 1/10 de ce qu’ils peuvent recevoir ailleurs. Nous allons devoir proposer au gouvernement des réflexions sur ce sujet. J’ai déjà fait un tableau dans lequel j’indique, par exemple, que pour mon secteur, 27.000 personnes ne sont pas payées alors qu’elles travaillent », a-t-il déploré.

Kevin INANA

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