Jeudi, 18 juin 2026-Kinshasa s’apprête à accueillir une importante force de terrain dans le cadre de la lutte contre l’insalubrité et l’incivisme environnemental. Plus de 4.000 jeunes formés par le Service national seront déployés dans la capitale congolaise dès ce week-end pour participer aux travaux d’assainissement et de sensibilisation à travers les différentes communes de la ville.
Cette annonce a été faite par le Lieutenant-Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national, lors d’une adresse à près de 5.000 anciens délinquants ayant bénéficié de deux années de formation au centre de Kaniama Kasese, dans la province du Haut-Lomami.
Au terme de leur formation, ces jeunes, désormais qualifiés de « bâtisseurs de la nation », ont été officiellement intégrés au Service national et bénéficient du statut de fonctionnaires de l’État.
Leur première mission consistera à contribuer activement à l’assainissement de la ville de Kinshasa, confrontée depuis plusieurs années à de sérieux problèmes liés à la gestion des déchets et au non-respect des règles d’hygiène publique.
Selon le Lieutenant-Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, cette opération répond à des instructions précises de la haute hiérarchie du pays visant à restaurer l’ordre, la propreté et la discipline environnementale dans la capitale.
« Nous avons reçu des missions très précises. Nous allons nous occuper de l’assainissement de la ville de Kinshasa tout en mettant fin à l’incivisme environnemental qui bat son plein dans la capitale », a-t-il déclaré.
Le commandant du Service national a dénoncé plusieurs comportements qui contribuent à la dégradation du cadre de vie des Kinois. Parmi eux figurent notamment le jet anarchique des immondices sur la voie publique, l’absence d’installations sanitaires conformes dans certaines constructions ainsi que le déversement des déchets et matières fécales dans les caniveaux.
Pour le responsable du Service national, les bâtisseurs auront la responsabilité de veiller au respect des normes d’assainissement et d’accompagner les autorités dans la mise en œuvre des mesures destinées à améliorer durablement l’environnement urbain.
« Nous avons une mission à accomplir, des objectifs à atteindre et des résultats qui sont attendus. C’est avec ces bâtisseurs et les éléments du Service national que la population verra les résultats attendus dans la ville-province de Kinshasa », a-t-il insisté.
Un salaire et des primes pour motiver les agents
Afin de garantir l’engagement de ces jeunes dans leur nouvelle mission, le gouvernement leur accorde une rémunération mensuelle de 500.000 francs congolais. Le Lieutenant-Général Kasongo a précisé que les bénéficiaires ont déjà commencé à percevoir leur salaire.
En plus de cette rémunération de base, des primes et avantages supplémentaires sont prévus en fonction des résultats obtenus sur le terrain. Les performances réalisées dans le cadre de l’assainissement de la capitale pourraient ainsi donner lieu à des récompenses financières complémentaires.
« S’ils travaillent bien et contribuent à rendre la ville propre, des primes sont prévues à cet effet », a souligné le commandant du Service national.
Kaniama Kasese : un centre de réinsertion et non une prison
Profitant de cette occasion, Jean-Pierre Kasongo Kabwik a tenu à rappeler la vocation du centre de Kaniama Kasese, souvent sujet à diverses interprétations dans l’opinion publique.
Selon lui, le Service national n’a jamais été conçu comme une structure carcérale, mais plutôt comme un cadre de formation, d’encadrement et de réinsertion sociale destiné aux jeunes en situation de vulnérabilité ou ayant connu des parcours difficiles.
« Le Service national n’était pas une prison et Kaniama Kasese n’était pas une prison. Nous amenons les jeunes ici afin qu’ils bénéficient d’une formation qui leur permettra d’être réintégrés dans la société », a-t-il expliqué.
Le responsable s’est félicité du fait que ces anciens pensionnaires aient pu intégrer directement le Service national à l’issue de leur formation, ce qui constitue, selon lui, une réussite du programme de réinsertion.
Le déploiement de ces 4.000 bâtisseurs intervient dans un contexte où Kinshasa fait face à d’importants défis liés à l’urbanisation rapide, à la gestion des déchets et à la dégradation de l’environnement urbain. Les autorités espèrent que cette initiative permettra non seulement d’améliorer la salubrité publique, mais également de renforcer la discipline citoyenne et le respect des normes environnementales.
À travers cette opération d’envergure, le Service national entend démontrer que la formation, la discipline et l’encadrement des jeunes peuvent constituer des leviers efficaces pour répondre aux défis sociaux et environnementaux auxquels la capitale congolaise est confrontée.
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ITK
















