
Lundi, 6 octobre 2025-La tension monte dans l’industrie pétrolière, avec de nombreuses accusations mettant en lumière les pratiques contestables de l’équipe dirigée par Acacia Bandubola, ministre d’État des Hydrocarbures. Outre la nomination controversée d’Herman Mbonyo à un poste clé, les critiques visent également les méthodes employées par la ministre.
« L’arrivée de Madame Acacia Bandubola à la tête du ministère d’État des Hydrocarbures a fait naître de nombreux signaux d’alarme, menaçant la gouvernance du secteur pétrolier ainsi que l’image et la crédibilité nationale de la RDC », signale un groupe d’opérateurs pétroliers dans une lettre adressée aux autorités congolaises.
En plus de comportements jugés inappropriés et d’un langage parfois offensant, les professionnels du secteur soulignent une corruption profondément ancrée dans le secteur des Hydrocarbures, conséquence de la mauvaise gestion de Bandubola observée durant ses précédentes fonctions au ministère de l’Économie nationale et des Affaires foncières. Ils décrivent le ministère comme un véritable « marché » où l’approbation des dossiers est systématiquement conditionnée au versement de pots-de-vin.
« Une telle situation contredit les principes de transparence, d’éthique et d’intégrité morale qui devraient prévaloir à ce niveau de responsabilité », affirment les signataires du communiqué.
Les acteurs du secteur pétrolier se questionnent également sur la présence d’Herman Mbonyo en tant que Directeur de cabinet au sein de l’équipe de Bandubola. La présence de Mbonyo, ancien directeur général controversé de la Sonas, aujourd’hui Directeur de cabinet aux Hydrocarbures, soulève de nombreuses interrogations.
Des sources internes au cabinet des Hydrocarbures rapportent qu’à chaque réunion, Mbonyo exigerait des paiements des investisseurs. « Il ne se soucie guère des aspects techniques ; son unique objectif est de s’enrichir rapidement », déclare un professionnel du secteur. Mbonyo est critiqué pour ses pratiques de concussion, demandant des paiements inappropriés de 5 dollars par tonne pour le creux — un terme utilisé dans la logistique pétrolière pour désigner un calcul relatif à la capacité inutilisée ou à un volume minimum garanti.
« Avec Mbonyo, tout pétrolier arrivant en quatrième, sixième ou même dixième position au port de Banana peut être le premier à obtenir l’autorisation de livrer son produit, tant que l’armateur accepte de verser 5 dollars par tonne au Dircab », dénonce un opérateur, révolté par ces pratiques immorales.
Par ailleurs, Mbonyo est soupçonné de diriger les investisseurs vers le cabinet de son épouse, avocate à Kinshasa, ce qui soulève de sérieuses préoccupations quant à un éventuel conflit d’intérêts.
Antécédents judiciaires et disciplinaires
Herman Mbonyo a été condamné et incarcéré à Makala en 2009 pour détournement de fonds publics à la Sonas. En 2018, il a été impliqué dans un nouveau scandale en Algérie, cherchant à minimiser les primes des athlètes congolais lors des Jeux d’Alger. Suite à cet échec, il a quitté le pays discrètement, abandonnant les athlètes. Sa loyauté a été remise en cause, et ses pratiques douteuses lui ont coûté son poste de secrétaire général du Comité olympique congolais.
Ancien candidat à la gouvernance de Kinshasa en 2019, son nom a de nouveau été associé à un détournement de fonds dans une banque locale, entraînant une recherche à son encontre. Depuis lors, il était introuvable dans le pays.
Après une longue absence, Mbonyo a refait surface lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2023 en Côte d’Ivoire, où il a été impliqué dans une nouvelle controverse liée aux paiements de bus à la suite d’une forte contestation de la gestion d’une agence à Abidjan.
Ainsi, c’est à un récidiviste notoire que la ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola, a confié la direction de son cabinet, ce qui éclaire les nouvelles préoccupations qui émergent depuis son arrivée.
Les opérateurs pétroliers estiment que la gestion actuelle des Hydrocarbures sous Bandubola risque de provoquer de graves conséquences pour le pays. Ils soutiennent que la gouvernance, la crédibilité internationale, la stabilité de l’approvisionnement énergétique et la confiance des investisseurs sont menacées.
Selon eux, le secteur pétrolier, stratégique pour l’économie nationale, souffre aujourd’hui d’un désordre chez les régulateurs et organes de concertation, d’une gestion opaque des dossiers, de pratiques de corruption généralisées et d’un affaiblissement de l’autorité de l’État — autant d’éléments nuisibles à l’image de la République et démoralisants pour les investisseurs.
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