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Kongo Central : Grâce Nkuanga Bilolo défie l’Assemblée provinciale !

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Mercredi, 17 décembre 2025-Le bras de fer entre les deux principales institutions de la province du Kongo Central, l’organe délibérant et l’Exécutif provincial, est loin de connaître son épilogue. Et ce, malgré les orientations récemment données par le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, à travers le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, lors d’une réunion tenue à Kinshasa.

Alors que les députés provinciaux attendaient le Gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo à l’hémicycle, le lundi 15 décembre 2025 avant minuit, avec un projet d’édit budgétaire 2026 profondément revu et corrigé en tenant compte des préoccupations soulevées par les élus, l’autorité provinciale a pris tout le monde de court.

Contre toute attente, le gouverneur a convoqué, le lundi 16 décembre 2025, une réunion extraordinaire du Conseil des ministres provinciaux. À l’issue de celle-ci, le projet d’édit budgétaire a été adopté sous forme d’arrêté, sans débat ni amendements de la part des députés provinciaux, pourtant seuls habilités à examiner et voter un tel acte législatif.

La justification du gouvernement provincial

Faisant le compte rendu de cette réunion, le ministre provincial de l’Information et porte-parole du gouvernement, Jean Malongo Nzeza, a justifié cette démarche par la contrainte liée au délai légal imparti au gouverneur, ainsi que par la nécessité de se conformer à l’article 188 de la loi relative aux finances publiques.

Cette adoption par arrêté n’a toutefois pas manqué de susciter une vague de réactions et de commentaires à travers la province.

Pour certains observateurs, il s’agit ni plus ni moins d’un acte de malhonnêteté intellectuelle, estimant que le budget, en tant qu’acte éminemment législatif, doit impérativement être validé par les représentants du peuple.

D’autres analystes, s’appuyant sur les principes du droit public, redoutent que cette méthode ne crée des tensions institutionnelles latentes susceptibles de compromettre l’action gouvernementale en 2026, notamment en matière de développement et de gouvernance provinciale.

Cependant, un autre courant d’opinion estime qu’une province sans budget au 1er janvier s’expose à une paralysie totale : administration bloquée, services publics à l’arrêt, salaires impayés, investissements suspendus et population prise en otage par les querelles politiques. À ce titre, certains saluent le « courage politique » du gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, qu’ils considèrent comme ayant agi pour préserver la survie institutionnelle de la province.

Le nouveau bureau de l’Assemblée provinciale appelé à se réveiller

Pour de nombreux analystes politiques du Kongo Central, le bureau actuel de l’Assemblée provinciale peine à s’imposer sur l’échiquier institutionnel.

Après l’adoption et la promulgation, le 16 décembre, de l’arrêté portant édit budgétaire pour l’exercice 2026, le gouvernement provincial a approché le bureau de l’organe délibérant en vue d’une réunion interinstitutionnelle.

Objectif : échanger sur plusieurs dossiers sensibles, notamment le paiement régulier de l’appui budgétaire dû à l’Assemblée provinciale et la prise en charge des sinistrés des récentes pluies diluviennes à Boma, Muanda et Lukula.

À cette occasion, l’Exécutif provincial a rassuré qu’un paiement échelonné des arriérés de l’appui budgétaire interviendrait d’ici le 22 décembre 2025.

Abordant la question des relations entre les deux institutions, le rapporteur de l’Assemblée provinciale, Billy Ntunga, a affirmé qu’elles étaient « au beau fixe », estimant que les divergences avaient été aplanies. Il a toutefois dénoncé l’attitude de certains communicateurs accusés d’attiser les tensions, un phénomène que les deux parties se sont engagées à combattre.

Fait surprenant : durant près de deux heures de discussions, le point le plus brûlant de l’actualité provinciale, le projet d’édit budgétaire 2026 rejeté par les députés mais adopté par arrêté, n’a pas figuré à l’ordre du jour. Un contraste qui n’a pas échappé aux observateurs.

Cette situation alimente les critiques à l’encontre du nouveau bureau de l’Assemblée provinciale, accusé de ne pas mesurer l’ampleur de la responsabilité institutionnelle qui est la sienne, en donnant l’impression d’acquiescer systématiquement aux décisions de l’Exécutif.

Face à la controverse persistante, nombreux sont ceux qui estiment que seuls des juristes avertis, voire la Cour constitutionnelle, seule juridiction compétente en la matière, pourraient trancher définitivement ce débat qui continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive au Kongo Central.

Dieudonné MUAKA DIMBI

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