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RDC-État de siège : « bilan silencieux au tiers du parcours » (Tribune)

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17 mai 2021-Nous sommes plongés tous dans une sorte de trêve suite à la proclamation de l’état de siège. Était-ce une décision pertinente ? Pour les uns, il faut donner au Chef de l’état l’opportunité et le temps de réagir, après toutes nos critiques. Pour d’autres, ce n’est pas une décision efficace. Une sorte de compromis tacite s’est fait : observons, puisque l’état de siège c’est un mois. Mais cela ne doit pas nous interdire d’évaluer en parcours et pronostiquer.

Pour ma part (ce n’est que mon opinion) je ne vois encore rien qui ait été fait qui n’aurait pas pu l’être fait sans l’état de siège. En revanche, je constate l’entrée, divulguée par La Libre Belgique, de troupes ougandaises sur le territoire national. Je continue de constater le silence quant à la suite des opérations militaires conjointes avec l’armée rwandaise annoncées il y a deux ou trois mois par les autorités politiques et militaires congolaises, annonce qui a provoqué une unanime levée de boucliers de la part des Congolais.

Je suis de ceux qui pensent que l’état de siège n’est pas nécessaire. Le député Delly Sessanga a eu une belle réflexion à ce sujet, sur Top 15 : « il me semble que nous n’avons pas tiré leçon de l’Inefficacité de ce qu’ont été les 8 secteurs opérationnels qui ont fonctionné dans le cadre de de la zone de défense 3 ». La CNA ne cesse de répéter que la solution consiste en 1) l’audit de l’armée, pour la purger des infiltrés étrangers, des affairistes et des fictifs, et 2) le départ de la MONUSCO. L’audit de l’armée est une mesure simple, routinière pour tout chef du personnel. Mais il semble que les militaires s’y opposent, comme ils se seraient opposés à une enquête parlementaire préconisée par le Président de l’assemblée nationale pour les troupes au front. Si « le Président de la République a peur de ses généraux », alors le pays est déjà pris et est gouverné ailleurs. Et si donc ces mêmes généraux n’empêchent pas l’état de siège, c’est qu’ils savent qu’il ne sert à rien. Parlons de ces vraies questions au lieu de tourner autour du pot.

Quant à la MONUSCO, elle ne veut toujours pas partir. Par tous les moyens, elle se cherche les soutiens des politiciens, des intellectuels, des mouvements citoyens… C’est du jamais vu : on nous supplie pour nous aider, on nous menace même. Cette aide forcée, mes frères, cache une mission : la balkanisation du Congo ?

A ceux qui croient que nous sommes contre le Président Fatshi : qu’ils se souviennent de Kengo wa Dondo, premier ministre à l’époque du génocide rwandais, qui a déclaré, et l’enregistrement est encore visible aujourd’hui, que c’était les puissances occidentales qui leur imposaient à lui et à Mobutu, la ligne à suivre, ligne qui s’est révélée par la suite en faveur d’un certain Paul Kagame et son plan d’hégémonie. Rien n’a changé et le Président Tshisekedi n’est pas plus libre de ses mouvements que ne l’ont été Mobutu, Kengo, Kabila. Il a été obligé de déclarer « les Banyamulenge sont des Congolais », « la MONUSCO est là pour nous aider », « les Kenyans vont venir nous aider », « les enfants qui manifestent à Beni sont manipulés » … autant de déclarations-suicides qui l’éloignent des cœurs des populations de ces provinces. Or Tshisekedi n’est pas fou.

L’heure est grave, mes frères et sœurs. Ce n’est pas le moment de tomber dans l’attentisme fanatique et béat. Se joue en ce moment le destin de notre pays, face aux prédateurs internationaux. Pendant que nous on est astreints au silence et à l’inaction par l’état de siège, eux agissent. Alors, nous ne pouvons pas ne pas parler, y compris à nos risques et périls. Vérité ezali lisasi te !

Serge Gontcho di Spiritu Sanctu (+ 243 81 27 22 490)
Conscience nationale en action

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