
Jeudi, 28 août 2025 – Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a clairement pris position ce jeudi à travers son porte-parole, Patrick Muyaya. En conférence de presse, il a annoncé que ni le président de l’Assemblée nationale, ni le conseiller spécial du Chef de l’État en matière de sécurité ne participeront à la rencontre organisée par la Fondation Thabo Mbeki.
Patrick Muyaya a qualifié cette initiative de « conférence inopportune », estimant qu’elle ne répond pas aux priorités actuelles de la RDC, en proie à une guerre d’agression menée par le Rwanda à travers le mouvement armé M23.
« Quelles que soient les intentions de M. Thabo Mbeki, nos responsables institutionnels ne prendront pas part à cette rencontre, car elle émane d’une personnalité qui, par le passé, a pris la défense de ceux qui agressent et endeuillent les Congolais », a-t-il martelé.
Le passif de Thabo Mbeki dans la crise congolaise
Ancien président de l’Afrique du Sud (1999-2008), Thabo Mbeki a souvent été impliqué dans des processus de médiation en Afrique. Cependant, son rôle dans les crises des Grands Lacs a parfois été critiqué.
À Kinshasa, on ne lui pardonne pas certaines prises de position jugées favorables à Kigali, notamment lorsqu’il plaidait pour une « approche compréhensive » vis-à-vis des griefs avancés par le Rwanda.
Cette perception nourrit aujourd’hui une profonde méfiance des autorités congolaises, qui considèrent que toute initiative issue de la Fondation Mbeki pourrait servir d’écran diplomatique aux intérêts des pays accusés d’agresser la RDC.
La priorité de Kinshasa : la défense de la souveraineté
En rejetant cette invitation, le gouvernement congolais veut envoyer un signal clair : il n’acceptera pas que des plateformes parallèles dictent l’agenda du dialogue ou minimisent la gravité de l’agression subie.
« La priorité du gouvernement reste la défense de l’intégrité territoriale et la protection des populations civiles. Nous ne participerons pas à des démarches qui risquent de relativiser cette réalité », a insisté Muyaya.
Cette réaction intervient alors que les relations entre la RDC et certains voisins, notamment le Rwanda, demeurent explosives. Kinshasa a renforcé ses alliances au sein de la SADC et a multiplié les partenariats militaires et diplomatiques pour contrer l’expansion du M23.
Dans ce climat de forte tension, toute initiative perçue comme une tentative de médiation « biaisée » est immédiatement rejetée par les autorités congolaises.
ITK



