
Mardi, 16 septembre 2025-La situation politique en République démocratique du Congo demeure profondément marquée par les regroupements et partis politiques. Ce système, loin d’apporter la cohésion nationale tant attendue, alimente au contraire les haines et les désordres. Or, l’heure n’est pas aux calculs politiques ni aux échéances liées aux présidences des institutions. L’urgence est ailleurs : c’est l’Est de notre pays qui saigne et appelle une réponse responsable.
Je me souviens encore d’un épisode marquant : la sortie de prison de Vital Kamerhe. À cette époque, il avait entrepris une vaste tournée dans l’Est du pays – de Goma à Burai, de Rutshuru à Kirumba, jusqu’à Butembo. Son objectif était clair : proposer une solution pour mettre fin au conflit avec le M23. Contrairement à la logique guerrière qui prévalait, Kamerhe prônait une approche basée sur le dialogue. On se souvient de ce geste symbolique à Bunagana, où il brandissait un calicot portant ces mots : « Si vous êtes réellement Congolais, laissez la guerre et venez dialoguer. »
Cette démarche, qui paraissait utopique pour certains, avait pourtant trouvé un écho jusque dans les rangs de la communauté internationale. À l’époque déjà, Bintou Keita, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC, alertait sur la supériorité militaire du M23, équipé d’armes sophistiquées que même la MONUSCO ne possédait pas. Malgré ces avertissements, le gouvernement avait choisi une autre voie : détourner l’opinion publique par des manifestations anti-MONUSCO, souvent téléguidées par certains mouvements citoyens, de Butembo à Bukavu en passant par Goma.
Aujourd’hui, Vital Kamerhe n’affiche plus la même radicalité que le Président Félix Tshisekedi dans la gestion de la crise à l’Est. Là où Tshisekedi campe sur une ligne ferme, Kamerhe privilégie une approche diplomatique. Une posture qui ne manque pas de susciter des interrogations, voire des soupçons. En témoignent les discussions récentes autour de son invitation par la Fondation Thabo Mbeki en Afrique du Sud, perçue par certains comme un signal politique.
Alors, s’agit-il d’une simple divergence d’approches entre deux hommes d’État, ou bien d’un tournant dans la stratégie nationale face au M23 ? Ce qui est certain, c’est que le peuple congolais, lui, attend avant tout la paix.
Tribune de Jonathan TSONGO



