
Kinshasa, 22 mai 2025 – Dans un tournant politique historique, le Sénat de la République démocratique du Congo a voté en faveur de la levée des immunités parlementaires de Joseph Kabila, ancien chef de l’État (2001-2019) et sénateur à vie depuis la fin de son mandat. Cette décision ouvre la voie à d’éventuelles poursuites judiciaires pour des faits graves, notamment des accusations de trahison, de crimes de guerre et de collusion avec le groupe rebelle M23.
Réunie en session extraordinaire, la commission spéciale du Sénat chargée d’examiner la demande de l’auditeur général des Forces armées a voté à l’unanimité pour la levée des immunités de Joseph Kabila.
Les 40 membres présents ont tous donné leur accord, sans opposition ni abstention. Ce vote fait suite à une requête formelle du parquet militaire, fondée sur des éléments jugés « sérieux et concordants » concernant l’implication de l’ancien président dans les violences qui secouent l’est du pays.
Des accusations lourdes : trahison et complicité avec le M23
Au cœur du dossier figure une série d’allégations liant Joseph Kabila au mouvement rebelle M23, actif principalement dans la province du Nord-Kivu.
Le parquet militaire accuse l’ancien président d’avoir apporté un soutien politique et logistique au groupe armé, notamment à travers des déclarations publiques interprétées comme une forme d’encouragement. Une interview accordée en février 2025, dans laquelle Kabila qualifiait le M23 de « force de résistance légitime », a suscité une vive controverse et renforcé les soupçons de collusion.
La levée des immunités de Joseph Kabila constitue un précédent sans équivalent dans l’histoire récente de la RDC. Jusque-là, l’ancien président bénéficiait d’un statut particulier, fruit d’un équilibre politique précaire entre les forces en présence.
Cette immunité avait souvent été perçue comme une garantie de stabilité post-transition. Sa remise en cause pourrait rebattre les cartes au sein de la majorité sénatoriale et raviver les tensions entre les partisans de Kabila, toujours influents, et les alliés du président en exercice, Félix Tshisekedi.
Vers des poursuites judiciaires ?
La décision de la commission spéciale a été transmise à la plénière du Sénat pour validation finale. Après vote, Joseph Kabila est mis à la disposition de la justice.
Il appartiendra alors aux magistrats d’établir sa responsabilité dans les faits reprochés, dans un climat politique déjà sous tension.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Des ONG de défense des droits humains ont salué un « acte de justice et de transparence », tandis que les fidèles de Kabila dénoncent une « manipulation politique » destinée à neutraliser un adversaire influent.
Pour rappel, voici le Résultat du vote au Sénat sur la levée des immunités de Joseph Kabila : 88 pour, 5 abstentions, 3 nuls. La majorité écrasante ouvre la voie aux poursuites judiciaires contre l’ex-président
ITK



