Mardi, 16 juin 2026 – Un mois après la déclaration de l’épidémie d’Ebola en Ituri, les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme. Le Conseil provincial de l’Ordre National des Infirmiers du Congo (ONIC/Ituri), en collaboration avec le Conseil urbain de Bunia, dénonce plusieurs dysfonctionnements qui compromettent l’efficacité de la riposte.
Lors d’un point de presse tenu ce lundi à Bunia, les responsables de l’ONIC ont mis en lumière trois préoccupations majeures : des irrégularités dans la prise en charge des patients, des insuffisances liées à l’exercice de la profession infirmière ainsi qu’un manque préoccupant d’équipements et de mesures de protection destinés au personnel soignant.
Selon l’Ordre des infirmiers, plusieurs prestataires de santé ont déjà perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions depuis le début de l’épidémie. Ces pertes humaines fragilisent davantage le système sanitaire local et pourraient contribuer à l’aggravation du bilan enregistré dans la province.
« Sans équipements de protection, sans conditions de travail dignes, nos membres sont exposés en première ligne. C’est inacceptable », a dénoncé l’ONIC, appelant les autorités et les partenaires de la riposte à renforcer urgemment les mécanismes de protection des soignants.
Au-delà des défis liés à la prise en charge médicale, les acteurs de la société civile insistent également sur la nécessité de restaurer la confiance entre les équipes de riposte et les communautés. Le Cadre de Concertation sur les Ressources Naturelles (CDC/RN) estime que la lutte contre Ebola doit intégrer davantage l’éducation populaire afin de combattre les rumeurs, les croyances erronées et la méfiance de certains habitants.
Pour Dieudonné Kasonia, secrétaire permanent du CDC/RN, la confiance communautaire demeure un élément central pour freiner la propagation du virus.
« Il faut déconstruire les mythes, les croyances et les peurs au sein de la communauté. Sans confiance, les messages de prévention ne passeront pas », a-t-il déclaré.
Alors que l’Ituri poursuit sa bataille contre Ebola, les acteurs engagés dans la riposte appellent à une réponse plus efficace, fondée à la fois sur la sécurisation du personnel de santé et sur une meilleure sensibilisation des populations. Sans ces deux piliers, les efforts déployés sur le terrain risquent de se heurter à de sérieuses difficultés.
Jospin Wa JORKIM


