
Mardi, 24 mars 2026-À Kisantu, une entité située à près de 240 kilomètres de Matadi, chef-lieu de la province du Kongo Central, la population a échappé de justesse à une catastrophe sanitaire. En cause : des produits surgelés avariés mis en vente dans une chambre froide exploitée par des sujets indiens.
Alertées par les premiers consommateurs, qui ont constaté des effets nocifs après ingestion de ces denrées, les autorités politico-administratives du territoire de Madimba, accompagnées des services sanitaires compétents, ont effectué une descente sur le site concerné.
Sur place, le constat est alarmant : des produits en état de putréfaction avancée, dégageant des odeurs nauséabondes. Malgré l’opposition des propriétaires, les autorités ont ordonné la saisie immédiate de la marchandise.
Au total, plus de 500 cartons ont été identifiés, dont 243 cartons de poulets, 119 de poissons chinchards, ainsi que d’autres denrées, notamment des fretins et diverses viandes.
Ces produits jugés dangereux pour la santé publique ont été incinérés au village Nenga, situé dans le secteur de Ngufu, loin de la cité de Kisantu. L’objectif était clair : prévenir tout risque de contamination et protéger la population.
Cependant, une zone d’ombre subsiste. Sur les 243 cartons de poulets saisis, seuls 41 ont été effectivement détruits. Le reste demeure introuvable à ce jour, suscitant incompréhension et inquiétude au sein de l’opinion locale.
L’opération s’est déroulée sous la supervision de l’administrateur du territoire de Madimba, Nestor Nsonsa, en présence de l’Inspecteur provincial de la santé, le Dr Diamanana Kiavanga Sole, ainsi que des représentants de plusieurs services publics, notamment l’hygiène, le parquet, le commerce extérieur, la pêche et élevage, et la police.
Face à cette situation, des soupçons de détournement d’une partie de cette cargaison dangereuse circulent, sans qu’aucune destination précise ne soit connue à ce stade. Une enquête a été ouverte et plusieurs arrestations seraient déjà en cours afin d’établir les responsabilités.
Par ailleurs, des interrogations persistent quant aux conditions de conservation dans cette chambre froide, pourtant équipée d’un groupe électrogène performant. Comment de tels produits ont-ils pu se détériorer à ce point ?
S’exprimant à cette occasion, l’Inspecteur provincial de la santé a insisté sur la nécessité de renforcer les contrôles réguliers des installations de conservation des produits surgelés dans toute la province.
Enfin, certaines sources pointent également la responsabilité de l’Office congolais de contrôle (OCC), chargé de veiller à la qualité et à la conformité des produits, dont le rôle dans ce dossier suscite des interrogations.
Dieudonné MUAKA DIMBI






