Samedi, 4 juillet 2026-La salle Père Henri de La Kethulle a servi de cadre, ce samedi 4 juillet, au vernissage officiel de l’ouvrage de l’ingénieur Benjamin Wenga Basubi, intitulé « Le Boulevard du 30 Juin de la République de la Gombe : Symptômes, réflexions et solutions d’un expert à la vitalité de la ville de Kinshasa ». Véritable traité consacré à la mobilité urbaine, ce livre de 218 pages propose une lecture scientifique des causes profondes de la congestion routière à Kinshasa et avance des solutions techniques, institutionnelles et urbanistiques destinées à transformer durablement le visage de la capitale congolaise.
La cérémonie a réuni un public nombreux composé de hautes personnalités politiques, académiques, diplomatiques et administratives.
Parmi les invités figuraient notamment le Professeur Sénateur Modeste Bahati Lukwebo, plusieurs députés nationaux, des membres du Gouvernement, des ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques, des mandataires publics, des professeurs d’universités, des ingénieurs, des chercheurs, des représentants du secteur privé ainsi que de nombreux partenaires de l’Observatoire Congolais des Infrastructures (OCI).
La modération de la cérémonie a été assurée par Maître Willy Wenga Ilombe, tandis que le Professeur Docteur Ingénieur Evariste Phanzu Didiana s’est chargé de présenter l’auteur, revenant sur son parcours scientifique, son expérience dans le domaine des infrastructures ainsi que son engagement constant en faveur d’une gouvernance moderne des équipements publics.
Le baptême de l’ouvrage a été présidé par l’Ingénieur Michel Uyumbu, qui a salué un travail de recherche susceptible d’alimenter la réflexion des décideurs publics et des spécialistes de l’aménagement urbain.
Dans son mot de circonstance, Benjamin Wenga Basubi a exprimer sa profonde reconnaissance à toutes les personnalités ayant honoré de leur présence cette cérémonie. Il a particulièrement remercié les professeurs Evariste Phanzu Didiana et Muzyumba Mwanaembe, qui ont accepté d’accompagner scientifiquement cette publication, le premier en signant la préface de l’ouvrage et le second en acceptant d’en être l’un des principaux parrains scientifiques.
L’auteur n’a pas manqué de saluer également les membres de l’Observatoire Congolais des Infrastructures, structure qu’il coordonne, ainsi que l’ensemble des partenaires qui ont soutenu cette initiative.
Pour lui, la publication de cet ouvrage ne constitue pas un aboutissement personnel, mais le début d’une réflexion collective sur l’avenir des infrastructures routières en République démocratique du Congo.
Une réflexion scientifique au service de la ville
Dans une allocution largement applaudie, Benjamin Wenga Basubi a expliqué que son ouvrage est né d’un constat préoccupant : la dégradation continue de la mobilité urbaine à Kinshasa. Selon lui, les interminables embouteillages ne doivent plus être considérés comme une fatalité ou comme une simple conséquence de l’augmentation du nombre de véhicules.
« La route n’est pas seulement un ouvrage d’ingénierie ; elle constitue un levier de mobilité, de développement, de cohésion sociale, de croissance économique et de gouvernance urbaine », a-t-il rappelé, estimant que les infrastructures routières déterminent directement la compétitivité économique d’une ville, la qualité de vie de ses habitants ainsi que son attractivité.
L’ingénieur souligne que Kinshasa dispose certes d’un patrimoine routier important, mais largement insuffisant pour répondre aux besoins d’une mégapole de plus de vingt millions d’habitants.
Le véritable défi, selon lui, ne réside pas uniquement dans la construction de nouvelles routes, mais dans l’optimisation intelligente du réseau existant grâce à une approche scientifique fondée sur des indicateurs techniques, économiques, démographiques et urbanistiques.
À travers son livre, l’auteur propose ainsi un cadre décisionnel destiné aux autorités publiques. Ce dernier est le fruit d’un diagnostic multidimensionnel fondé sur des paramètres universellement utilisés dans l’analyse des systèmes de transport urbain.
L’objectif est d’identifier avec précision les causes réelles de la congestion observée sur le boulevard du 30 Juin avant d’étendre cette méthode à l’ensemble des grands axes routiers de Kinshasa.
Selon lui, la saturation actuelle du réseau résulte d’un déséquilibre profond entre une demande de mobilité en constante augmentation et des capacités routières demeurées pratiquement inchangées depuis plusieurs décennies.
Cette situation entraîne une diminution de la vitesse moyenne de circulation, une augmentation des temps de parcours, une surconsommation de carburant, une pollution accrue, une perte de productivité économique ainsi qu’une dégradation générale des conditions de vie des habitants.
Une véritable thérapie de choc
L’ouvrage ne s’arrête pas au simple diagnostic. Benjamin Wenga Basubi y développe une véritable stratégie de transformation urbaine reposant sur dix axes majeurs.
Il préconise notamment des démolitions pour utilité publique accompagnées de programmes de relogement, l’ouverture de nouveaux tracés routiers afin d’accroître la longueur du réseau, l’élargissement de plusieurs avenues stratégiques, le développement rapide d’un transport collectif de masse, la création de voies exclusivement réservées aux autobus, la libération des emprises publiques occupées illégalement, le retrait progressif des taxis-bus vétustes, l’instauration d’un contrôle technique rigoureux des véhicules, le renforcement des sanctions contre les infractions routières, l’application stricte des plans d’urbanisme ainsi que la création d’un système multimodal intégrant différents moyens de transport.
L’auteur reconnaît que plusieurs de ces réformes pourraient être impopulaires. Toutefois, il estime qu’aucune grande métropole moderne n’a pu améliorer durablement sa mobilité sans prendre des décisions courageuses parfois difficiles à accepter à court terme.
Le boulevard du 30 Juin comme symbole d’une réforme nationale
Benjamin Wenga Basubi explique également le choix du titre de son ouvrage. Pour lui, le boulevard du 30 Juin dépasse largement son statut de simple avenue. Il représente le symbole des défis auxquels est confrontée toute la voirie urbaine congolaise.
Quant à l’expression « République de la Gombe », souvent perçue comme provocatrice, elle constitue, selon l’auteur, une métaphore destinée à susciter une réflexion sur les profondes disparités urbaines et sur la nécessité d’une meilleure planification territoriale.
Il affirme que les solutions proposées pour le boulevard du 30 Juin peuvent servir de modèle pour l’ensemble de Kinshasa avant d’être adaptées aux autres villes de la République démocratique du Congo.
Benjamin Wenga Basubi insiste sur le fait que son ouvrage ne prétend pas épuiser toutes les problématiques liées aux infrastructures routières. Il le présente plutôt comme une contribution scientifique destinée à ouvrir le débat.
« Nous n’avons posé que des jalons », a-t-il déclaré, invitant les chercheurs, les universités, les ingénieurs, les urbanistes et les décideurs à poursuivre les recherches afin d’enrichir cette réflexion.
Selon lui, garder le silence face à la détérioration continue de la voirie reviendrait à devenir complice d’une forme d’omerta. C’est pourquoi il considère que chaque spécialiste a le devoir moral de mettre son expertise au service de l’intérêt général.
Un appel aux décideurs et aux citoyens
En clôturant son allocution, l’auteur a lancé un appel aux autorités publiques afin que cet ouvrage ne demeure pas dans les bibliothèques, mais inspire les politiques publiques en matière de mobilité urbaine.
Il a également sollicité l’accompagnement des institutions, des partenaires techniques, des chercheurs et des citoyens en acquérant le livre et en participant à la diffusion de ses idées.
« Dans tout livre, chacun a sa page », a-t-il affirmé, exprimant sa conviction que cette publication contribuera à nourrir la réflexion sur l’avenir des infrastructures routières congolaises et à faire émerger une nouvelle vision de la gouvernance urbaine, capable de transformer progressivement Kinshasa en une métropole moderne, fluide et résiliente.
Cette version adopte davantage le style d’un grand reportage ou d’un article de magazine, en développant les idées centrales de l’allocution de l’auteur et en mettant en évidence la portée scientifique, politique et stratégique de son ouvrage.
ITK


