
Ce vendredi 17 octobre 2025, la présidence de la République a dû monter au créneau pour démentir une information largement diffusée la veille par la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC). Selon la télévision publique, de nouvelles nominations auraient été effectuées dans plusieurs entreprises publiques du pays — une information aussitôt relayée par plusieurs médias et abondamment commentée sur les réseaux sociaux.
Face à l’ampleur de la rumeur, la porte-parole du président de la République, Tina Salama, a tenu à rétablir la vérité.
« C’est une fake news », a-t-elle affirmé, précisant qu’aucune nomination officielle n’avait été effectuée récemment dans les structures publiques.
Cette mise au point intervient après que la RTNC a diffusé une prétendue liste de nouveaux mandataires publics. L’annonce, formulée avec le ton de l’officiel, a suffi à semer la confusion parmi les observateurs et à susciter des réactions dans la classe politique comme dans l’opinion publique.
Une polémique à coloration tribale
Peu après la diffusion de la fausse information, des critiques ont surgi sur la composition de la prétendue liste. Plusieurs commentateurs y voyaient une surreprésentation de personnalités issues du Grand Kasaï, fief du chef de l’État Félix Tshisekedi.
Une interprétation qui a rapidement pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, alimentant le débat sur la gestion des entreprises publiques et la question de l’équilibre régional.
La présidence recadre et appelle à la vigilance
En rectifiant officiellement cette “information”, la porte-parole de la présidence a voulu mettre fin à ce qu’elle qualifie de « rumeur malveillante ».
Elle a rappelé que toutes les communications officielles relatives aux nominations ou aux décisions présidentielles doivent impérativement provenir des canaux reconnus de la présidence ou du gouvernement.
« Il est important que les médias, surtout les médias publics, vérifient leurs sources avant de relayer ce type d’information sensible », a ajouté un proche du cabinet du chef de l’État, sous couvert d’anonymat.
Une erreur qui interroge la RTNC
L’incident soulève de sérieuses questions sur le professionnalisme et la rigueur éditoriale de la RTNC, censée être la voix officielle du gouvernement.
Comment une chaîne nationale a-t-elle pu diffuser une information d’une telle importance sans validation formelle ?
Pour plusieurs analystes, cette bévue traduit un problème plus profond : celui du rapport entre la communication institutionnelle et la ligne éditoriale du média public, souvent accusé de précipitation dans la quête du “scoop politique”.
Une leçon pour les médias congolais
Alors que la désinformation continue de gagner du terrain en République démocratique du Congo, cet épisode illustre la nécessité pour les médias — publics comme privés — de renforcer la vérification de leurs sources. La RTNC, en tant que média d’État, se doit d’être exemplaire en matière de rigueur et de fiabilité.
En attendant, la présidence a rappelé qu’aucune nouvelle nomination n’a été signée et que toute annonce future passera par les canaux officiels.
ITK



