Mardi, 14 juillet 2026-Les préoccupations internationales se multiplient à la suite de la détention et des poursuites engagées en Corée du Sud contre Lee Man-hee, président de 95 ans de Shincheonji Église de Jésus. Les accusations portées contre lui concernent des infractions présumées à la législation sur les partis politiques et ne sont liées à aucun acte de violence. Cette affaire suscite des interrogations parmi des observateurs spécialisés en matière de droits humains et de liberté de religion, qui s’inquiètent du respect des normes internationales applicables à la détention provisoire.
Ces préoccupations ont été renforcées par une publication sur les réseaux sociaux du ministre sud-coréen de la Justice, Jeong Seong-ho. En annonçant la mise en examen et le placement en détention de Lee Man-hee, le ministre a déclaré qu’une « sanction pénale stricte, à la mesure de sa responsabilité, est inévitable », avant de conclure son message par une citation de Matthieu 7:15 : « Méfiez-vous des faux prophètes. » Cette référence biblique a été interprétée par plusieurs observateurs comme visant directement le dirigeant religieux et, plus largement, Shincheonji Église de Jésus, soulevant des questions sur l’impartialité de la procédure en cours.
Le sociologue italien des religions Massimo Introvigne, spécialiste reconnu des questions de liberté religieuse, a publié deux analyses dans Bitter Winter, une revue consacrée aux droits de l’homme et à la liberté de religion.
Il y critique la décision de maintenir en détention un dirigeant religieux âgé de 95 ans dans une affaire ne portant pas sur des infractions non violentes. Selon lui, une telle mesure pourrait être contraire aux principes de nécessité et de proportionnalité qui doivent guider le recours à la détention provisoire.
D’après les autorités sud-coréennes, Lee Man-hee est soupçonné d’avoir organisé, entre juillet 2021 et janvier 2024, l’inscription d’environ 50 000 membres de Shincheonji au Parti du Pouvoir du Peuple (PPP) dans le but d’influencer les primaires présidentielles et législatives du parti. Il a été placé en détention le 24 juin, puis officiellement mis en examen le 30 juin, alors qu’il était toujours privé de liberté.
Les critiques estiment que cette détention pourrait être incompatible avec les Règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus (Règles Mandela) ainsi qu’avec les principes du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (GTDA), qui prévoient que la détention avant jugement doit rester une mesure exceptionnelle, en particulier lorsque les faits reprochés sont non violents et qu’aucun risque sérieux pour la sécurité publique n’est établi. Plusieurs observateurs appellent ainsi les autorités sud-coréennes à garantir une procédure impartiale, le respect des droits fondamentaux et l’application des normes internationales relatives aux droits de l’homme et à la liberté de religion.
Pour les défenseurs des libertés fondamentales, cette affaire dépasse le seul cadre judiciaire. Ils estiment qu’elle constitue un test important de l’engagement de la Corée du Sud en faveur de l’État de droit, de l’indépendance de la justice et du respect des engagements internationaux du pays en matière de protection des droits de l’homme.
Ils rappellent que toute personne poursuivie bénéficie de la présomption d’innocence et que les mesures privatives de liberté avant jugement doivent demeurer exceptionnelles, nécessaires et proportionnées.
À mesure que la procédure suit son cours, plusieurs organisations et experts indiquent qu’ils continueront de suivre l’évolution de cette affaire, appelant les autorités sud-coréennes à veiller au respect des garanties d’un procès équitable et des principes consacrés par le droit international en matière de liberté de religion et de protection des droits fondamentaux.
La rédaction


