Vendredi, 28 août 2026-La ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a dressé le bilan de la première année du gouvernement Suminwa II, mettant en avant le retour de la RDC au Conseil de sécurité des Nations unies, les efforts diplomatiques en faveur de la paix dans l’Est du pays, ainsi que les réformes engagées dans le secteur des passeports et la protection des Congolais vivant à l’étranger.
« La diplomatie congolaise se porte bien. Elle est dynamique, ambitieuse et présente sur tous les fronts, aussi bien sur le plan géographique que thématique », a déclaré Thérèse Kayikwamba Wagner lors de l’émission consacrée à la redevabilité de l’an 1 du gouvernement Suminwa II.
Selon la cheffe de la diplomatie congolaise, la RDC dispose désormais d’une capacité accrue à défendre ses intérêts sur la scène internationale et à participer aux discussions au même titre que les grandes puissances. Cette dynamique s’est notamment illustrée par le retour de la République démocratique du Congo au Conseil de sécurité des Nations unies, après plus de trois décennies d’absence.
Pour la ministre, cette présence marque un changement de posture pour la RDC. Longtemps considérée comme un sujet des débats du Conseil de sécurité en raison de ses crises sécuritaires, la RDC entend désormais contribuer elle-même à la recherche de solutions aux grands enjeux internationaux.
La diplomatie au service de la paix dans l’Est
La question sécuritaire dans l’Est de la RDC demeure toutefois l’un des principaux défis de la diplomatie congolaise. Kinshasa a choisi de privilégier le front diplomatique dans la recherche d’une paix durable.
Thérèse Kayikwamba Wagner a particulièrement insisté sur la question de l’exploitation illicite des ressources naturelles, qu’elle considère comme l’un des facteurs alimentant les conflits dans l’Est du pays.
« Dans un conflit aussi complexe et ancien que celui de la RDC, l’exploitation illicite des ressources naturelles joue un rôle crucial », a-t-elle expliqué, évoquant notamment la situation à Rubaya et l’expansion des carrés miniers.
La ministre estime cependant que la question des ressources naturelles ne peut être dissociée d’autres enjeux, notamment celui de la justice et de la redevabilité. Pour elle, une paix durable exige des choix stratégiques et un séquençage cohérent des différentes étapes du processus.
Dans le cadre du processus de Washington, elle souligne l’importance de la responsabilité des parties signataires. Les violations d’un accord de paix, estime-t-elle, doivent entraîner des conséquences.
Elle cite notamment les sanctions américaines visant l’ensemble de l’armée rwandaise comme un exemple d’évolution sur le terrain de la redevabilité, tout en reconnaissant que les résultats ne progressent pas encore au rythme souhaité par Kinshasa.
Passeport : vers un système plus numérisé
Autre dossier abordé par la ministre : l’accès au passeport congolais, une question qui continue de préoccuper de nombreux citoyens.
Depuis un peu plus d’un an, un nouveau passeport a été mis en circulation avec un nouveau prestataire et un système davantage numérisé. L’objectif affiché est notamment de limiter les interventions humaines et de mettre fin aux pratiques ayant favorisé, par le passé, une variation des prix.
Le coût officiel du passeport a par ailleurs été ramené de 99 à 75 dollars américains, conformément à une décision du président de la République.
La décentralisation du processus constitue également une priorité. Des centres de capture sont déjà opérationnels et le ministère entend en installer davantage, aussi bien à Kinshasa que dans d’autres provinces du pays.
Une évaluation du dispositif est actuellement menée afin d’identifier les difficultés persistantes et d’apporter les améliorations nécessaires.
Des conditions de travail encore difficiles pour les diplomates
La ministre des Affaires étrangères a également reconnu que les conditions de travail des diplomates congolais demeurent un sujet préoccupant.
Des progrès ont été enregistrés, notamment dans la régularité du paiement des salaires. Mais, selon Thérèse Kayikwamba Wagner, ces avancées restent insuffisantes au regard des besoins.
La prise en charge des familles et la couverture médicale des diplomates figurent parmi les principaux chantiers du ministère. Une procédure est notamment engagée pour identifier un prestataire capable de fournir, pour la première fois, une assurance santé aux diplomates congolais et à leurs personnes à charge.
Le patrimoine immobilier diplomatique fait également l’objet d’une attention particulière. La RDC a notamment acquis un immeuble à New York et prévoit de réhabiliter plusieurs de ses biens immobiliers à l’étranger. De nouvelles chancelleries devraient également être ouvertes ou inaugurées dans certaines capitales stratégiques.
La protection des Congolais à l’étranger au cœur des priorités
La protection des ressortissants congolais à l’étranger constitue un autre axe important de l’action diplomatique.
Le ministère entend renforcer la présence des ambassades dans les pays accueillant une importante diaspora congolaise et intervenir davantage lorsque des ressortissants sont confrontés à des incidents ou à des violations de leurs droits.
La ministre a notamment évoqué son déplacement à Dublin, en Irlande, à la suite du décès d’un ressortissant congolais après une intervention des services de sécurité d’un magasin. Elle y a rencontré les autorités irlandaises et indiqué qu’une assistance avait été apportée à la famille du défunt.
En Afrique du Sud, le ministère a également accompagné certains Congolais désireux de rentrer en RDC. Une première évaluation a été réalisée afin d’identifier le nombre de compatriotes souhaitant retourner au pays.
La place de la République démocratique du Congo au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a également été évoquée.
Pour Thérèse Kayikwamba Wagner, l’OIF représente une plateforme importante pour promouvoir un multilatéralisme dynamique et pluriel. La RDC, notamment en raison de son poids démographique au sein de l’espace francophone, y dispose d’une influence particulière.
Kinshasa souhaite également utiliser cette plateforme pour développer davantage sa diplomatie culturelle, scientifique et économique, ainsi que les échanges dans les domaines du sport et des loisirs. Les Jeux de la Francophonie organisés à Kinshasa sont, à cet égard, considérés comme une illustration concrète de ce potentiel.
Juliana Lumumba, une candidature portée au plus haut niveau
La candidature de Juliana Lumumba au poste de secrétaire générale de l’OIF a également été abordée.
La ministre des Affaires étrangères a affirmé que cette candidature constitue un choix stratégique porté au plus haut niveau de l’État. Elle bénéficie du soutien du président de la République et du gouvernement.
Présentée comme une candidate compétente et capable de répondre aux défis actuels de l’organisation, Juliana Lumumba bénéficie d’une campagne que Kinshasa entend poursuivre jusqu’au terme du processus.
« Cette candidature n’est pas une simple option, mais un choix au sommet de la République », a souligné Thérèse Kayikwamba Wagner, assurant que la campagne se poursuivra avec détermination, sans préjuger de l’issue du scrutin.
À travers ce bilan, la cheffe de la diplomatie congolaise défend ainsi une diplomatie davantage offensive, tournée vers la défense des intérêts de la RDC, la recherche de la paix dans l’Est, la protection des ressortissants congolais et le renforcement de la présence du pays dans les grandes instances multilatérales.
ITK


