Vendredi, 23 octobre 2026 – Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a annoncé plusieurs mesures visant à améliorer les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires de la République démocratique du Congo (RDC). Ces annonces ont été faites lors d’un briefing de presse organisé le jeudi 22 octobre 2026, aux côtés du ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya.
Au cours de cette rencontre avec la presse, les deux membres du Gouvernement ont abordé plusieurs questions d’actualité, notamment la situation préoccupante des prisons congolaises, les difficultés du secteur judiciaire et la polémique suscitée par les propos de Fils Mukoko.
Prenant la parole devant les journalistes, Guillaume Ngefa a dressé un tableau préoccupant de la situation carcérale en RDC. Il a notamment pointé du doigt la surpopulation des prisons, l’insuffisance des moyens financiers et matériels ainsi que le manque d’infrastructures adaptées pour garantir des conditions de détention dignes aux personnes privées de liberté.
« Le pays compte plus de 52 000 détenus, dont une large majorité de prévenus non condamnés. Sur les 214 prisons recensées, 74 ne sont pas opérationnelles », a-t-il déclaré.
Face à cette situation, le ministre de la Justice a annoncé plusieurs mesures destinées à améliorer la prise en charge des détenus, notamment le renforcement de l’approvisionnement des établissements pénitentiaires ainsi que la poursuite des travaux de construction et de réhabilitation des infrastructures carcérales.
Il a également souligné que la lenteur des procédures judiciaires contribue à l’engorgement des prisons. Selon lui, cette situation est notamment liée à l’insuffisance du nombre de magistrats et au manque de personnel judiciaire qualifié, des difficultés qui retardent le traitement des dossiers et prolongent la détention de nombreux prévenus.
Makala : suspension de l’accueil de nouveaux détenus
La prison centrale de Makala, à Kinshasa, figure parmi les établissements les plus touchés par la surpopulation carcérale. Conçue pour accueillir environ 2 500 personnes, elle hébergerait aujourd’hui près de 16 000 détenus, selon les chiffres communiqués par le ministre.
« La prison de Makala a été construite pour une capacité de 2 500 personnes. Aujourd’hui, avec le même budget, nous avons 16 000 prisonniers », a expliqué Guillaume Ngefa.
Pour faire face à cette situation, le ministre a annoncé la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de l’accueil de nouveaux détenus dans cet établissement. Cette décision vise à répondre à la pression exercée sur les infrastructures et les moyens disponibles, alors que les conditions de détention demeurent particulièrement préoccupantes.
Par ailleurs, Guillaume Ngefa a annoncé la fermeture de la prison de Mbanza-Ngungu, en raison de l’insuffisance des conditions d’incarcération et de l’inadéquation des infrastructures.
Un fonds spécial pour soutenir le secteur de la justice
Au-delà des mesures urgentes concernant les prisons, le ministre de la Justice a évoqué la nécessité de renforcer les moyens de fonctionnement du secteur judiciaire.
Il a rappelé l’autonomie budgétaire du Conseil supérieur de la magistrature et réaffirmé l’engagement du Gouvernement à soutenir les juridictions afin d’améliorer leur fonctionnement.
Dans cette perspective, Guillaume Ngefa a annoncé la création d’un fonds spécial destiné à soutenir le secteur de la justice. Cette initiative devrait contribuer à répondre aux besoins financiers et matériels des institutions judiciaires, dans un contexte marqué par de nombreux défis structurels.
L’amélioration des conditions de détention, la réhabilitation des infrastructures pénitentiaires et l’accélération des procédures judiciaires figurent ainsi parmi les principaux défis auxquels les autorités congolaises entendent s’attaquer.
De son côté, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, est revenu sur la polémique suscitée par les propos de Fils Mukoko, qu’il a fermement condamnés.
Le porte-parole du Gouvernement a qualifié ces déclarations d’« horreur absolue », tout en précisant qu’elles n’engagent ni le Gouvernement ni aucune autre institution de la République.
Afin de donner une suite à cette affaire, Patrick Muyaya a indiqué que les services compétents, notamment le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) ainsi que l’Hôtel de ville de Kinshasa, avaient été saisis pour examiner les suites à réserver à ces déclarations.
Cette démarche intervient dans un contexte où les autorités entendent réagir aux propos controversés et prévenir toute escalade.
Des défis majeurs pour la justice congolaise
À travers ce briefing de presse, les interventions de Guillaume Ngefa et de Patrick Muyaya ont mis en lumière deux préoccupations majeures : la nécessité de réformer et de renforcer le secteur judiciaire, d’une part, et la volonté du Gouvernement de réagir aux déclarations jugées inacceptables, d’autre part.
La surpopulation carcérale, le manque d’infrastructures, l’insuffisance des moyens financiers et la lenteur des procédures judiciaires restent des défis importants pour la justice congolaise.
Les mesures annoncées par le ministre de la Justice devront désormais se traduire par des actions concrètes afin d’améliorer les conditions de détention et de garantir un meilleur fonctionnement des institutions judiciaires en République démocratique du Congo.
Héritier Albert YEMBA


