
Samedi, 29 mars 2025-À l’est de la République Démocratique du Congo, les atrocités se succèdent sans répit, particulièrement dans les régions sous contrôle des forces rwandaises et de leurs supplétifs du M23, au Nord et Sud-Kivu, ainsi que dans la région de Beni-Ituri, dominée par les terroristes des ADF, affiliés à l’État Islamique.
Dans ces territoires, l’horreur est devenue quotidienne : des enfants sont massacrés, des femmes enceintes éventrées, des hommes abattus, et une jeunesse pleine d’espoir anéantie par des groupes armés, qu’ils soient étrangers ou locaux. Ces populations, incapables de se relever, sont abandonnées à leur sort, comme si elles vivaient un avant-goût de l’enfer.
Dix années de massacres à Beni-Ituri
À Beni-Ituri, cela fait dix ans que les massacres se poursuivent. Dix longues années où chacun vit dans la crainte d’être décapité comme une bête, son corps laissé à la merci des insectes. Ceux qui ont la « chance » voient leurs dépouilles transportées dans des sacs sur des motos, comme de simples marchandises. Pourtant, personne n’en parle. Ni la communauté internationale, ni les autorités nationales ne semblent prêtes à agir.
Comme si cette tragédie ne suffisait pas, le M23 refait surface, infligeant un lourd tribut à la population du Kivu. En trois ans à peine, cette guerre a coûté la vie à des milliers de Congolais. Des enfants, des femmes et des hommes sont tués sans raison, tandis que d’autres sont contraints de fuir, vivant dans une précarité insoutenable.
Les rebelles, qui prétendent libérer le pays d’un régime qu’ils qualifient de prédateur, ne font qu’aggraver le calvaire des populations déjà affectées par la mauvaise gouvernance. Dans les territoires qu’ils occupent :Lubero, Rutshuru, Masisi, Walikale, Nyiragongo et la ville de Goma, au Nord-Kivu, la vie des habitants peut être résumée en un mot : l’enfer.
Le Sud-Kivu, également en proie à la violence
La situation n’est guère différente dans la province voisine du Sud-Kivu, où les groupes armés ou encore des « fils de Caïn », sèment la mort comme on distribue des jouets à Noël. Chaque jour qui passe aggrave la misère et la précarité des populations locales. Les discours, qu’ils soient nationaux ou internationaux, se multiplient, mais la situation se dégrade sur terrain comme si aucune action concrète n’est entreprise pour mettre fin à ces atrocités.
Permettez-moi de dire ceci : si, lors du Jugement dernier, un fils ou une fille de l’Est de la RDC se retrouve en enfer, il ou elle pourra affirmer l’avoir déjà vécu sur terre. Pour leur repos éternel, ces âmes mériteraient d’aller directement au paradis.
L’impact dévastateur de l’insécurité sur l’éducation
L’insécurité a également des conséquences dramatiques sur l’éducation. Dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, de nombreuses écoles ont cessé de fonctionner en raison de la détérioration de la situation sécuritaire. Les attaques des rebelles du M23, des terroristes de l’ADF et parfois des milices locales ont contraint ces établissements à fermer leurs portes.
Et dans tout cela, c’est la jeunesse qui paye le prix fort. Privée de sécurité et d’éducation, elle pleure son avenir brisé. Ses larmes et ses cris de détresse semblent tomber dans l’indifférence du gouvernement et de ses partenaires.
Si rien n’est fait, cette jeunesse, incapable d’affronter ses peurs et ses traumatismes, risque de sombrer dans un avenir encore plus sombre. Il est donc impératif que les autorités prennent leurs responsabilités pour sauver cette génération ambitieuse, pleine de potentiel, mais dont les rêves sont aujourd’hui anéantis par l’insécurité.
Samuel Kitha Mwerivwa



