Mercredi, 12 août 2026-À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, Samuel Mulenda, économiste, journaliste et jeune entrepreneur, appelle le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à accorder une attention particulière aux jeunes issus des provinces enclavées dans le cadre du dialogue national inclusif en cours.
Pour lui, une démarche qui se veut véritablement nationale et inclusive ne peut laisser de côté les jeunes vivant dans des régions confrontées à l’éloignement géographique, au mauvais état des routes et au déficit d’infrastructures. Il cite notamment la Mongala, le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, le Nord-Ubangi, le Sud-Ubangi, la Tshuapa, l’Équateur, la Lomami, le Sankuru, le Maniema, le Mai-Ndombe, le Kwango, le Kwilu, le Tanganyika et le Haut-Lomami.
« Monsieur le Président, n’oubliez pas les jeunes de ces provinces. Ils doivent eux aussi être entendus et participer aux décisions qui engagent l’avenir du pays », plaide Samuel Mulenda.
Dans plusieurs de ces provinces, l’enclavement constitue un obstacle majeur à l’accès aux opportunités économiques, à l’emploi, à l’éducation, aux soins de santé, aux marchés ainsi qu’aux services publics.
La Lomami, dont Kabinda est le chef-lieu, illustre cette situation. Les difficultés liées au transport et à l’état des infrastructures compliquent les déplacements des populations et limitent les échanges avec les grands centres urbains et économiques.
Le Sankuru, province associée à la mémoire de Patrice-Emery Lumumba, héros national, est également confronté à d’importantes difficultés d’accessibilité qui pèsent sur la vie économique et sociale de ses populations.
Pour Samuel Mulenda, ces réalités doivent être directement portées par les jeunes qui les vivent au quotidien.
« On parle de la jeunesse, mais laquelle ? »
L’économiste estime que la représentation de la jeunesse dans le dialogue national ne devrait pas se limiter aux grandes villes ou aux centres urbains les plus accessibles.
Selon lui, les préoccupations d’un jeune de Kinshasa ou de Lubumbashi peuvent être très différentes de celles d’un jeune de Kabinda, Lodja, Buta, Lisala ou d’une autre localité éloignée.
« On parle beaucoup de la jeunesse congolaise. Mais qui parle des jeunes qui vivent loin des grands centres de décision ? », s’interroge-t-il.
Samuel Mulenda souhaite ainsi que la représentation de la jeunesse tienne compte de la diversité géographique de la République démocratique du Congo, afin de permettre aux jeunes de la Mongala, du Bas-Uélé, de la Tshuapa, de la Lomami, du Sankuru et d’autres provinces de présenter leurs réalités, leurs préoccupations et leurs propositions.
Des infrastructures au chômage, les priorités du terrain
Selon lui, les jeunes de ces régions sont confrontés à plusieurs difficultés directement liées à l’enclavement : insuffisance ou dégradation des routes, déficit d’infrastructures publiques, accès limité au numérique, faibles possibilités d’emploi et difficultés à développer des activités économiques.
Ces contraintes contribuent, à ses yeux, à accentuer les inégalités entre les jeunes en fonction de leur lieu de résidence.
Samuel Mulenda considère dès lors que les infrastructures doivent être placées au cœur des politiques publiques en faveur de la jeunesse. Le désenclavement des provinces permettrait, selon lui, d’améliorer la mobilité, de faciliter l’accès aux marchés et aux services, mais aussi de créer davantage d’opportunités économiques pour les jeunes.
Samuel Mulenda demande au chef de l’État de veiller à ce que les jeunes issus de toutes les provinces soient associés au dialogue national inclusif et que leur participation ne soit pas uniquement symbolique.
« Monsieur le Président, si vous arrivez à me lire, écoutez aussi ceux qu’on entend rarement. Les jeunes des provinces enclavées ont des compétences, des idées et des propositions. Donnez-leur la possibilité de les présenter », lance-t-il.
Pour lui, une participation effective des jeunes doit permettre de faire remonter les réalités vécues dans les différentes provinces et d’intégrer leurs propositions dans les décisions et orientations nationales.
En cette Journée internationale de la jeunesse, son plaidoyer dépasse ainsi le cadre d’une simple célébration. Il met en avant la nécessité de considérer les jeunes des provinces enclavées comme des acteurs à part entière du développement et de la construction du pays, et non uniquement comme la relève de demain.
À travers cet appel, Samuel Mulenda, économiste, journaliste et jeune entrepreneur, pose finalement une question au sommet de l’État : le dialogue national peut-il être réellement inclusif si les jeunes des régions les plus éloignées des centres de décision ne sont pas eux aussi présents à la table des discussions ?
ITK


