Samedi, 27 juin 2026-La République démocratique du Congo a officiellement engagé une nouvelle offensive judiciaire contre le Rwanda sur la scène internationale. Le gouvernement congolais a annoncé, vendredi 26 juin 2026, le dépôt d’une requête introductive d’instance devant la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute juridiction des Nations unies, afin de faire constater la responsabilité internationale de Kigali pour des violations alléguées de plusieurs conventions internationales.
Dans un communiqué publié par le ministère de la Communication et Médias, les autorités congolaises précisent que cette démarche s’inscrit dans le plein exercice des droits reconnus aux États par le droit international et vise à obtenir un examen juridictionnel indépendant des griefs formulés contre le Rwanda.
Selon Kinshasa, la requête porte notamment sur l’interprétation, l’application et l’exécution de plusieurs instruments juridiques internationaux auxquels les deux États sont parties.
Il s’agit notamment de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ainsi que de la Convention contre la torture.
Le gouvernement congolais affirme que sa requête expose les faits ainsi que les fondements juridiques sur lesquels reposent ses prétentions.
Il revient désormais à la Cour internationale de justice d’examiner les arguments des deux parties, dans le respect du principe du contradictoire et des garanties d’une bonne administration de la justice, avant de rendre sa décision.
À travers cette procédure, la RDC réaffirme son attachement au règlement pacifique des différends, conformément aux dispositions de la Charte des Nations unies.
Les autorités congolaises estiment que cette initiative traduit leur confiance dans les mécanismes judiciaires internationaux et dans la primauté du droit comme fondement des relations entre États.
Le gouvernement souligne également que cette action vise à faire établir, par une juridiction indépendante, les responsabilités liées aux violations alléguées et à déterminer les conséquences juridiques qui en découlent.
Kinshasa assure qu’elle respectera scrupuleusement le déroulement de la procédure devant la CIJ et qu’elle s’abstiendra de tout commentaire susceptible d’en compromettre le bon déroulement, tout en poursuivant la défense des intérêts de l’État congolais et des droits des victimes.
Cette nouvelle saisine intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali. Depuis plusieurs années, les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir le mouvement rebelle M23, actif dans l’Est de la RDC, des accusations que Kigali continue de rejeter.
Cette action judiciaire s’inscrit dans la continuité de la stratégie diplomatique et juridique engagée par la RDC. En 2025, le pays avait déjà obtenu une condamnation du Rwanda devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples dans une affaire portant notamment sur des violations des droits humains et des actes d’agression présumés commis dans l’Est du territoire congolais.
La saisine de la CIJ ouvre ainsi un nouveau chapitre judiciaire dans le différend qui oppose les deux États devant les juridictions internationales.
Pour conduire cette procédure devant la Cour internationale de justice, la délégation congolaise est menée par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, accompagné du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, chargés de défendre la position de la République démocratique du Congo devant la juridiction de La Haye.
ITK


