Mardi, 27 octobre 2026-Dans un régime semi-parlementaire, la cohésion de la majorité ne se décrète pas. Elle se nourrit de la qualité de l’action gouvernementale et de la confiance que les élus veulent bien accorder. Or, les comparutions ministérielles devant l’Assemblée nationale tendent à s’enliser dans la routine : réponses évasives, complaisance de circonstance, suites incertaines. La discipline majoritaire ne doit pourtant ni étouffer les interrogations légitimes ni dispenser le gouvernement de rendre compte. Soutenir n’est pas renoncer à contrôler.
Que la compétence de certains ministres soit contestée, que leur gestion prête le flanc à des soupçons d’enrichissement injustifié : les faits doivent être établis, les responsabilités fixées. Ni la rumeur ne tient lieu de preuve, ni l’appartenance à la majorité ne saurait servir de protection.
Le dialogue politique en perspective ne peut ni retarder la correction des défaillances avérées ni faire obstacle au pouvoir discrétionnaire du Président de la République pour un réajustement gouvernemental qui s’avère nécessaire.
Le contrôle parlementaire, singulièrement les questions orales avec débat, doit arracher des réponses précises et produire des suites concrètes. Il y va d’une acribie sans relâche. Sans elle, le contrôle dégénère en rituel, dilue l’imputabilité politique et entame la crédibilité de toute la majorité.
Lorsque l’opposition pèse peu, la vigilance au sein de la majorité devient d’autant plus indispensable. Insuffisances gouvernementales, soupçons de malversations, invisibilité persistante de certains ministres ; autant de motifs d’un examen rigoureux, sans confondre présomption et preuve.
Les députés qui couvrent les défaillances risquent d’en devenir les cautions et d’en payer le prix électoral. La complaisance, cette obséquiosité de circonstance, n’est jamais une stratégie durable.
Alerter, demander des comptes, c’est contribuer à corriger les dérives, soutenir utilement l’action du président de la République et préserver sa crédibilité.
Pour ne pas galvauder l’action de son Chef, la majorité doit être exigeante envers elle-même. Sanctionner les membres gouvernement défaillants n’est pas trahir sa famille politique. C’est assumer sa responsabilité envers les citoyens.
Steve MBIKAYI MABULUKI


