Samedi, 19 septembre 2026-Une année après l’investiture du Gouvernement Suminwa II, le secteur agricole en République démocratique du Congo poursuit sa transformation. Sous l’impulsion du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, le ministère d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, conduit par Muhindo Nzangi Butondo, met en avant plusieurs réformes destinées à accroître la production nationale, soutenir les producteurs et réduire la dépendance du pays aux importations agricoles.
Au cœur de cette stratégie figurent la relance du système semencier, la mécanisation de l’agriculture, l’amélioration de l’accès aux intrants, l’appui aux producteurs ainsi que le développement des infrastructures de stockage et de transformation.
Le Gouvernement entend d’abord renforcer les bases de la production agricole à travers la revitalisation du système semencier national. Plusieurs institutions, dont l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA), les Centres d’adaptation, de production des semences agricoles (CAPSA) et le Service national des semences (SENASEM), font l’objet d’un appui dans cette perspective.
Des équipements destinés au traitement des semences ont notamment été installés. Des variétés améliorées de maïs, de haricot, de soja, d’arachide, de riz et de manioc ont également été produites puis distribuées aux agriculteurs dans plusieurs provinces.
À travers ces interventions, le ministère vise à améliorer les rendements et à renforcer la résilience des exploitations agricoles, notamment familiales.
400 tracteurs déjà distribués
La mécanisation constitue également l’un des axes majeurs de la politique agricole du Gouvernement. À ce jour, 400 tracteurs ont été distribués aux producteurs et aux structures agricoles. Selon le ministère, 3 600 autres tracteurs sont attendus au cours des deux prochaines années.
Au-delà de l’acquisition des équipements, le Gouvernement souhaite développer une véritable filière nationale consacrée à la fabrication, à l’assemblage et à la maintenance des tracteurs en RDC.
Cette orientation vise notamment à réduire les coûts d’exploitation et à développer progressivement une expertise technique locale capable d’assurer l’entretien et la maintenance des équipements agricoles.
La question des intrants agricoles constitue un autre enjeu de la stratégie gouvernementale. Pour réduire la dépendance aux engrais importés, le ministère encourage la mise en place d’unités locales de production et de blendage.
Des initiatives sont notamment annoncées à Boma et à Lubumbashi, avec l’objectif de rapprocher les intrants des zones de production et de proposer des engrais mieux adaptés aux différents sols et aux cultures pratiquées dans le pays.
Le développement d’une industrie nationale des intrants doit ainsi contribuer à améliorer la productivité tout en réduisant la vulnérabilité du secteur agricole face aux fluctuations des importations.
Le déficit de maïs en baisse
Dans la filière maïs, le ministère fait état d’une amélioration progressive de la disponibilité nationale. Selon les données présentées par le Gouvernement, le déficit serait passé d’environ 8 millions de tonnes à 3,5 millions de tonnes au cours des cinq dernières années.
Malgré cette progression, le pays reste contraint de recourir aux importations pour couvrir l’ensemble des besoins de consommation.
Le Gouvernement entend donc poursuivre les investissements dans cette filière afin d’accroître la production nationale et de réduire davantage l’écart entre l’offre et la demande.
L’augmentation de la production agricole ne saurait, selon le ministère, être dissociée de la question des pertes post-récoltes. Le Gouvernement entend ainsi renforcer les capacités de stockage, de conservation et de transformation des produits agricoles.
La constitution de réserves alimentaires stratégiques figure également parmi les priorités annoncées. Ces réserves devraient permettre au pays de mieux faire face aux déficits temporaires de production et aux situations d’urgence alimentaire.
L’enjeu est de construire une chaîne agricole plus intégrée, allant de la production à la commercialisation, en passant par la conservation et la transformation.
Cacao, café et palmier à huile : relancer les cultures pérennes
Parallèlement aux cultures vivrières, le Gouvernement veut redynamiser les cultures pérennes, notamment le cacao, le café et le palmier à huile.
Des pépinières publiques sont déjà opérationnelles dans 14 provinces, avec l’ambition d’étendre progressivement ces cultures aux autres provinces disposant d’un potentiel agricole.
Dans la filière cacao, le ministère indique que la RDC aurait exporté environ 120 000 tonnes en 2025. Le Gouvernement souhaite accroître davantage la production et diversifier les zones de culture afin de développer cette filière à plus grande échelle.
Malgré les différentes réformes engagées, le défi de la sécurité alimentaire reste considérable en République démocratique du Congo. Selon les chiffres communiqués par le ministère, environ 27 millions de Congolais sont encore confrontés à une situation d’insécurité alimentaire aiguë.
Cette situation souligne l’ampleur des efforts à poursuivre pour transformer durablement le secteur agricole.
Pour le Gouvernement, la réponse passe par une approche globale combinant l’amélioration de la productivité, l’accès aux semences et aux engrais, la mécanisation, le renforcement des infrastructures, la transformation locale et la constitution de réserves alimentaires.
Une année après la mise en place du Gouvernement Suminwa II, la stratégie affichée consiste ainsi à faire de l’agriculture un levier central de la sécurité alimentaire et du développement économique de la RDC.
ITK


