Mercredi, 12 août 2026-La riposte contre l’épidémie d’Ebola fait face à de nouvelles difficultés à Kasenyi, dans le secteur des Bahema Sud, territoire d’Irumu, en Ituri. Des problèmes liés au paiement du personnel congolais et à la communication entre les patients et les médecins ougandais déployés au Centre de traitement Ebola (CTE) sont notamment dénoncés.
Ce mercredi 12 août 2026, Wilson Nduru Rusoke, secrétaire de la jeunesse de Kasenyi, a alerté sur les conditions de fonctionnement du CTE. Selon lui, les agents congolais affectés par le gouvernement à la riposte seraient régulièrement absents aux côtés des médecins ougandais déployés dans le centre.
Cette situation aurait pour conséquence de laisser certains patients sans interlocuteur capable d’assurer la traduction entre eux et les médecins ougandais. Une difficulté particulièrement préoccupante pour les malades qui ne maîtrisent aucune des langues utilisées par les équipes médicales.
« Jusqu’à présent, les malades ne savent pas dans quelle langue s’exprimer avec ces médecins ougandais. Nous avons des malades qui ne savent ni le swahili, ni le français, ni l’anglais, encore moins les langues ougandaises. Ce qui pose un problème sérieux », a alerté Wilson Nduru Rusoke.
Selon lui, les médecins ougandais eux-mêmes éprouvent des difficultés à recueillir les informations nécessaires auprès des patients en raison de cette barrière linguistique.
« Selon les médecins ougandais, ils ont des difficultés à recueillir les informations auprès des malades à cause de la barrière de la langue », a-t-il expliqué.
Des agents impayés depuis environ trois mois
À cette difficulté s’ajoute celle liée aux conditions financières du personnel congolais. Après s’être renseigné auprès de certaines infirmières, Wilson Nduru Rusoke affirme que plusieurs agents affectés à la riposte n’auraient pas perçu leur salaire depuis environ trois mois.
« Nous sommes vraiment déçus car on se pose des questions : comment le personnel peut arriver à trois mois d’impayés alors que nous cherchons à mettre fin à cette épidémie ? », s’est-il interrogé.
Pour le secrétaire de la jeunesse de Kasenyi, cette situation risque d’affecter le fonctionnement du CTE et, plus largement, l’efficacité de la riposte contre Ebola.
« Je demande aux responsables de la riposte de prendre les choses au sérieux car il n’y a aucun volontaire qui peut accepter de travailler gratuitement dans la riposte. Je ne vois aucun infirmier, médecin et autres. Tout ça met la vie de la population en danger », a-t-il déclaré.
Un appel à renforcer le dispositif de riposte
Wilson Nduru Rusoke remet également en question certains déplacements du personnel affecté au CTE. Il estime que les ressources disponibles devraient être utilisées en priorité pour assurer la présence du personnel médical et la prise en charge des malades.
« D’ailleurs, on n’a pas besoin de voir le personnel du CTE descendre à Kasenyi. C’est consommer inutilement les budgets destinés à traiter cette épidémie au lieu de s’occuper des médecins », a-t-il conclu.
Face à ces difficultés, le secrétaire de la jeunesse de Kasenyi appelle les responsables de la riposte à prendre des mesures urgentes. Il demande notamment le règlement des arriérés de salaire du personnel congolais et le déploiement d’interprètes locaux au sein du CTE.
Selon lui, la présence d’agents capables de faciliter la communication entre les patients et les médecins ougandais est indispensable pour permettre une meilleure prise en charge des malades.
Cette alerte met ainsi en lumière deux défis auxquels serait confrontée la riposte à Kasenyi : la motivation et la disponibilité du personnel local, d’une part, et la communication entre les équipes médicales et les patients, d’autre part.
Jospin wa JORKIM


