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Kongo Central : la révision à la hausse des frais scolaires continue de susciter de vives tensions chez les parents d’élèves !

Samedi, 3 octobre 2026-Dans un arrêté provincial rendu public le 18 septembre 2026, fixant le nouveau barème des frais scolaires pour l’année 2026-2027 dans les établissements d’enseignement maternel, secondaire et technique de la province du Kongo Central, une hausse pouvant atteindre 18 200 FC pour certains niveaux d’enseignement a été constatée.

Contre toute attente, la majorité des parents d’élèves, qui jugent lesdits frais trop exorbitants et contraires à la vision du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, les ont carrément foulés aux pieds, exigeant, sans condition ni atermoiement, leur révision à la baisse pour les uns, et leur rejet total pour les autres.

Leurs cris de détresse, lancés dès la promulgation dudit arrêté, ainsi que la pression exercée jusque-là par les organisations de la société civile provinciale, ne semblent toujours pas préoccuper les décideurs du Kongo Central, qui continuent de faire la sourde oreille.

Pour maints observateurs avertis, les parents d’élèves seraient dans leur droit de manifester, surtout lorsqu’on sait que, dans d’autres provinces de la République démocratique du Congo, notamment au Sankuru et au Kasaï-Oriental, pour ne citer que ces deux provinces parmi tant d’autres, les mêmes frais scolaires pour le même trimestre ont été fixés respectivement à 20 000 FC et à 18 200 FC, contre 69 200 FC au Kongo Central. Si le ridicule pouvait tuer !

D’ailleurs, nos confrères de la chaîne Ecopolis (ex-Ma Bannière), émettant depuis Matadi, n’ont pas hésité un seul instant à le confirmer, puisqu’ils détiendraient des preuves à l’appui, notamment des arrêtés de ces deux provinces citées ci-dessus.

Pour le ministre provincial en charge de l’Éducation, Jean Kimboko Ndombasi, cette augmentation, qu’il qualifie de légère, s’inscrirait dans une démarche visant, entre autres, à améliorer la qualité de l’enseignement au Kongo Central, notamment à travers l’appui aux enseignants qui, a-t-il indiqué, en seraient les principaux bénéficiaires à plus de 80 %.

Cependant, d’aucuns s’interrogent : pourquoi cet écart entre les frais scolaires pratiqués au Kongo Central et ceux fixés dans les provinces du Sankuru et du Kasaï-Oriental ?

Ce qui, à dire vrai, amène de nombreux habitants de la province à émettre toutes sortes de critiques à l’endroit des autorités provinciales. Ces dernières, en prenant cet arrêté, n’auraient pas suffisamment tenu compte du panier de la ménagère, dans la mesure où certains parents ont à leur charge deux, trois, quatre, voire cinq enfants.

Ce qui paraît encore plus suspect, c’est que même les élèves concernés par le paiement desdits frais, soucieux des charges imposées à leurs parents à travers cet arrêté, ne cessent de se manifester çà et là, en effectuant des descentes dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol face à cette question qui fait davantage réagir les bonnes consciences. C’est notamment le cas à Lukula, Luozi, etc.

Malheureusement, le numéro un de l’Éducation au Kongo Central ne semble pas, lui, voir la réalité de ce parent de la province incapable de réunir les sommes de 69 200 FC, 74 200 FC ou 84 200 FC, oubliant, dans son for intérieur, qu’il existe des parents ayant plusieurs enfants fréquentant différents établissements scolaires.

Ce sont donc ces propos, jugés discourtois par certains, qui ont fait monter au créneau beaucoup de parents et contribué à envenimer davantage la situation au Kongo Central.

Les frais scolaires dont il est question, n’ayant pas fait l’unanimité — ce qui, de l’avis de nombreux parents, est parfaitement compréhensible —, n’ont cependant pas laissé indifférent Guylain Phanzu Tsasa Mangovo, député provincial élu de la circonscription électorale de Lukula.

Dans une lettre datée du 30 septembre 2026 et adressée au président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central, sous forme d’une question orale avec débat, cet élu du peuple, qualifié de « bulldozer » par les uns et de « tombeur des autorités provinciales » par les autres, s’est dit déterminé à défendre la cause des parents d’élèves à faible revenu.

Il sollicite d’emblée l’audition, à l’hémicycle, du ministre Jean Kimboko Ndombasi, afin que ce dernier puisse éclairer la lanterne des représentants du peuple sur cette question qui continue de susciter de nombreuses vagues de mécontentement.

Pourtant, dans une interview récemment accordée à Top Congo FM, le ministre Jean Kimboko Ndombasi avait déclaré que l’arrêté signé par le gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo avait suivi son cours normal, en passant notamment par la Revue annuelle de performance (RAP), le Comité provincial de l’Éducation, le secrétariat ainsi que le ministère de tutelle.

L’homme est allé encore plus loin, martelant que ce n’est qu’après avoir reçu les différents quitus que le projet relatif à l’augmentation des frais scolaires avait été renvoyé au niveau provincial et soumis au Conseil des ministres provincial, qui l’avait finalement validé, après plusieurs amendements.

Pour le ministre Jean Kimboko Ndombasi, l’arrêté portant fixation du nouveau barème des frais scolaires pour l’année 2026-2027 est, en substance, le fruit d’un travail collectif et multisectoriel impliquant différents acteurs du secteur de l’éducation. Parmi eux figureraient les représentants des comités de parents d’élèves.

Cependant, certains parents approchés affirment ne pas avoir été consultés, encore moins contactés, dans le cadre de l’élaboration de ce nouveau barème.

Alors que tous les décors seraient déjà plantés pour l’audition, à travers une question orale avec débat, du ministre provincial ayant l’Éducation dans ses attributions, une certaine indiscrétion fait état de la tenue de réunions nocturnes qui se tiendraient quelque part à Matadi, regroupant plusieurs élus provinciaux de la majorité.

Objectif présumé : trouver les voies et moyens susceptibles de permettre le blocage, voire l’étouffement, de la démarche initiée par l’élu provincial de Lukula, Guylain Phanzu Tsasa Mangovo, contre le ministre Jean Kimboko Ndombasi.

Qui dit vrai ? La question reste posée.

Toutefois, tout le monde attend de voir ce qui se passera au cours des prochaines plénières au niveau de l’organe délibérant provincial pour être définitivement fixé.

Dieudonné Muaka DIMBI

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