Mercredi, 30 septembre 2026-Au terme de sa première année d’exercice, la ministre déléguée près le ministre de l’Environnement, chargée de la Nouvelle Économie du Climat, Arlette Bahati Tito, a présenté le bilan des actions menées par son département. Une première année marquée par la mise en place du cadre institutionnel, la structuration des mécanismes de financement climatique et l’amorce d’une transformation de la gestion environnementale en République démocratique du Congo.
D’après le bilan présenté, le département a progressivement évolué d’une approche centrée sur l’assainissement traditionnel vers une vision fondée sur l’économie circulaire, la valorisation des déchets et la mobilisation de financements climatiques.
Sur le volet financier, la République démocratique du Congo entend notamment s’appuyer sur le Tropical Forests Forever Facility (TFFF), présenté comme un mécanisme susceptible de générer environ 100 millions de dollars américains par an au profit du pays.
À cette perspective s’ajoute le projet de mise en place d’une taxe carbone, dont les retombées potentielles sont estimées entre 100 et 200 millions de dollars américains annuels. Ces mécanismes devraient contribuer à renforcer les capacités nationales de financement des politiques environnementales et climatiques.
Transformer les déchets en opportunités économiques
L’un des axes majeurs de cette nouvelle orientation concerne la gestion des déchets. Le ministère prévoit notamment la création de centres de tri et de transfert, avec l’ambition de structurer progressivement une véritable filière de valorisation des déchets.
Cette transition vers une économie circulaire pourrait, selon les projections présentées, contribuer à la création de 30 000 emplois directs et 150 000 emplois indirects, tout en favorisant l’émergence de nouvelles activités économiques liées au recyclage, à la récupération et à la valorisation des matières.
Le département mise également sur le paiement pour services environnementaux, un mécanisme destiné à rémunérer les communautés locales qui participent à la conservation et à la protection des écosystèmes.
Des initiatives pilotes sont déjà mises en œuvre dans les provinces du Kongo-Central et de l’Équateur, avec l’appui de la KfW. Le dispositif prévoit également un suivi numérique des paiements afin de renforcer la traçabilité et le suivi des opérations.
Au-delà des mécanismes financiers et économiques, la Nouvelle Économie du Climat entend également renforcer la prévention. Le ministère prévoit ainsi de poursuivre les actions de sensibilisation de la population sur les pratiques susceptibles d’aggraver les effets du changement climatique, notamment le brûlage des matières plastiques et les rejets polluants.
Cette approche vise à faire de la protection de l’environnement une responsabilité partagée entre les pouvoirs publics, les communautés et les différents acteurs économiques.
Une approche gouvernementale transversale
La stratégie portée par la Nouvelle Économie du Climat repose enfin sur une collaboration accrue entre plusieurs secteurs de l’État. En partenariat avec le ministère de l’Économie numérique, le département développe notamment des outils tels que la plateforme EcoSignal et les Guichets verts, destinés à accompagner la digitalisation du suivi et des mécanismes environnementaux.
Cette dynamique s’inscrit dans une intercoopération gouvernementale plus large. Les Télécommunications, sous la direction de José Panda Kabangu, contribuent au développement des infrastructures de connectivité, tandis que le ministère de l’Économie numérique, conduit par Augustin Kibassa Maliba, intervient notamment dans le développement des services numériques et du cloud souverain.
Dans cette architecture, la Nouvelle Économie du Climat entend déployer ses mécanismes de financement, de suivi et de protection environnementale en s’appuyant sur les infrastructures et services numériques développés par les autres secteurs.
À travers ces différentes initiatives, le département d’Arlette Bahati Tito entend ainsi inscrire l’action environnementale de la RDC dans une logique combinant protection des écosystèmes, mobilisation de financements, création d’emplois, innovation numérique et développement d’une économie circulaire.
ITK


